SCENE XI
Monsieur et madame DE SOTENVILLE, ANGÉLIQUE, GEORGE DANDIN, CLAUDINE.
CLAUDINE
Fort, Madame! frappez comme il faut.
ANGÉLIQUE, faisant semblant de parler à Glitandre. S'il vous demeure quelque chose sur le cœur, je suis pour vous répondre.
CLAUDINE
Apprenez à qui vous vous jouez.
ANGÉLIQUE:, faisant l'étonnée.
Ah! mon père, vous êtes là!
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Oui, ma fille ; et je vois qu'en sagesse et en courage tu te montres un digne rejeton de la maison de Sotenville. Viens Çà; approche-toi, que je t'embrasse.
MADAME DE SOTENVILLE.
Emhrasse-moi aussi, ma fille. Las ! je pleure de joie, et reconnais mon sang aux choses que tu viens de faire.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Mon gendre, que vous devez être ravi ! et que cette aventure est pour vous pleine de douceurs ! Vous aviez un juste sujet de vous alarmer ; mais vos soupçons se trouvent dissipés le plus avantageusement du monde.
260 GEORGE DANDIN
MADAME DE SOTENYILLE.
Sans doute, mon gendre; et vous devez maintenant être le plus content des hommes.
CLAUDINE
Assurément. Voilà une femme, celle-là ! Vous êtes trop heureux de l'avoir, et vous devriez baiser les pas où elle passe.
GEORGE DANDIN, à part.
Euh, traîtresse!
MONSIEUR DE SOTENVILLB.
Qu'est-ce, mon gendre? Que ne remerciez-vous un peu votre femmç de l'amitié que vous voyez qu'elle montre pour vous?
ANGÉLIQUE
Non, non, mon père, il n'est pas nécessaire. Il ne m'a aucune obligation de ce qu'il vient de voir; et tout ce que j'en fais n'est que pour l'amour de moi-même.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
OÙ allez-vous, ma fille?
Je me relire, mon père, pour ne me voir point obligée de recevoir ses compliments.
CLAUDINE, à Qeorge Dandin.
Elle a raison d'être en colère. C'est une femme qui mérite d'être adorée ; et vous ne la traitez pas comme vous devriez.
GEORGE DANDIN
Scélérate !