ACTE I, SCENE lY
NÉRINE
Cesontpetîtes bagatelles qui ne valent pas qu'on en parle ;
et Tos éloges me font rougir.
SBRIG.4NI.
Je yeux bien épargner votre modestie ; laissons cela : et, ponr commencer votre affaire, allons vite joindre notre pro- ?iacial, tandis que de votre côté vous nous tiendrez prêts au besoin les autres acteurs de la comédie.
ÉRASTE
Au moins, Madame, souvenez-vous de votre rôle; et, pour mieux couvrir notre jeu, feignez, comme on vous a dit, d'être la plus contente du monde des résolutions de votre père.
JUL|E
S'il ne tient qu'à cela, les chpses iront à merveille.
ÉRASTE
Mais, belle Julie, si toutes nos machines venaient à ne pas
réussir?
JULIE
Je déclarerai à mon père mes véritables sentiments.
ÉRASTE
Et si, contre vos sentiments, il s'obstinait à son dessein?
JULIE
Je le menacerais de me jetée dans un couvent.
ÉRASTE
Mais si, malgré tout cela, il voulait vous forcer à ce mariage?
Qtte voulez- vous que je vous dise?
ÉRASTE
Ce que je veux que vous me disiez !
JULIE
Oui.
ÉRASTE
Ce qu'on dit quand on aime bien.
JULIE
Mais quoi?
ÉRASTE
Que rien ne pourra vous contraindre; et que, malgré tous I les efforts d'un père , vous me promettez d'être à moi.
j JULIE.
Mon Dieu î Éraste, contentez- vous de ce que je fais main* tenant ; et n'allez point tenter sur l'avenir les résolutions de mon cœur ; ne fatiguez point mon devoir par les propositions d'une Êicheuse extrémité dont peut-être n'aurons-nous
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]>as besoin ; et, s'il y faut venir, souffrez au moins que j'y sois entraînée par la suite des choses.
ÉRASTE
£h bien!...
SBRIGANf.
Ma foi, Yoici notre homme ; songeons à nous.
NÉRINE
Ah ! comme il est bâti I