‹ ŒuvresChapitre 233 sur 599 · JULIE, ÉRASTE, SBRIGANI, NÉRINE · texte numérisé non relu

JULIE, ÉRASTE, SBRIGANI, NÉRINE

SBIUGAM.

Monsieur, votre homme arrive ; je l'ai vu à trois lieues d'ici, où a couché le coche ; et, dans la cuisine, où il est descendu pour déjeuner, je l'ai étudié une bonne grosse demi-heure, et je le sais déjà par cœur. Pour sa ligure, je ne veux point vous en parler : vous verrez de quel air la nature l'a dessinée, et si l'ajustement qui l'accompagne y répond comme il faut. Mais, pour son esprit, je vous avertis, par avance, qu'il est des plus épais qui se fassent ; que nous trouvons en lui une matière tout à fait disposée pour ce que nous voulons, et qu'il est homme enfin à donner dans tous les panneaux qu'on lui présentera.

ÉRASTE

Nous dis -tu vrai ?

SBRIGANI

Oui, si je me connais en gens.

NÉIIINB.

Madame, voilà un illustre. Votre affaire ne pouvait être mise en de meilleures mains, et c'est le héros de notre siècle pour les exploits dont il s'agit ; un homme qui vingt fois en sa vie, pour servir ses amis, a généreusement affronté les galères; qui, an péril de ses bras et de ses épaules, sait mettre noblement à (in les aventures les plus difficiles, et qui, tel que vous le voyez, est exilé de son pays pour je ne sais combien d'actions honorables qu'il a généreusement entreprises.

SBRIGANI

Je suis confus des louanges dont vous m'honorez; et je pourrais vous en donner avec plus de jus lîce sur les merveilles de votre vie, et principalement sur la gloire que vous acquîtes lorsque, avec tant d'honnêteté, vous pipâtes au jeu, pour douze mille écus, ce jeune seigneur étranger que l'on mena chez vous ; lorsque vous fîtes galamment ce faux contrat qui ruina toute une famille ; lorsque, avec tant de grandeur d'âme, vous sûtes nier le dépôt qu'on vous avait confié; et que si généreusement on vous vît prêter votre témoignage à faire pendre ces deux personnes qui ne Ta* valent pas mérité.

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