‹ ŒuvresChapitre 238 sur 599 · ÉRASTE, MONSIEUR DE POURCEAUGNAG, SBRIGANI · texte numérisé non relu

ÉRASTE, MONSIEUR DE POURCEAUGNAG, SBRIGANI

ÉRASTE

Ahl qu'est-ce-ci? Que vois-je? Quelle heureuse rencontre.

Monsieur de Pourceaugnac ! Que je suis ravi de vous voir! Gomment ? il semble que vous ayez peine à me reconnaître !

Monsieur, je suis votre serviteur.

ÉRASTE

E>l-il possible que cinq ou six années m'aient ôté de voire mémoire, et que vous ne reconnaissiez pas le meilleur ami de toute la famille des Pourceaugnac?

Pardonnez-moi. ( Bas» à sbrigani.) Ma foi, je ne sais qui il est.

ÉRASTE

Il n'y a pas un Pourceaugnac à Limoges que je ne connaisse, depuis le plus grand jusques au plus petit ; je ne fréquentais qu'eux dans le temps que j'y étais, et j'avais rhonneur de vous voir presque tous les jours.

C'est moi qui l'ai reçu, Monsieur.

ÉRASTE

Vous ne vous remettez point mon visage ?

Si fait. ( A Sbrigani.) Je ne le connais point.

ÉRASTE

Vous né vous ressouvenez pas que j'ai eu le bonheur de boire je ne sais combien de fois avec vous.

Excusez-moi. (a sbrigani.) Je ne sais ce que c'est.

ÉRASTE

Comment appelez-vous ce traiteur de Limoges qui fait si bonne chère?

Petit- Jean ?

ÉRASTE

Le voilà. Nous allions le plus souvent ensemble chez lui nous réjouir. Comment est-ce que vous nommez à Limoges ce lieu où l'on se promène ?

Le Cimetière des Arènes.

ÉRASTE

Justement. C'est où je passais de si douces heures à jouir de votre agréable conversation. Vous ne vous remettez pa* tout ceU!

Excusez-moi ; je me le remets. ( A sbrigani.) Diable emporte si je m'en souviens!

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