‹ ŒuvresChapitre 275 sur 599 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

lONgiEtR DE POURCEAUGNAC, en femme; SBRIGANI.

SBRIGANI

Pour moi , je ne crois pas qu'en cet état ou puisse Jamais

MOL^ÈRB. — T. II. 19

326 M, DE POUROEAUaNAC.

TOUS connaître ; et tous ayez la raine, comme cela, d'une femme de condition.

MONSIEUR DE POURCEAVGNAC.

Voilà qui m'étonne, qu'en ce pays-ci les formes de la justice ne soient point obserrées.

SBRIGANI

Oui, je TOUS l'ai déjà dit, ils commencent ici par faire pendre un homme, el puis ils lui font son procès.

Voilà une justice bien injuste !

SBRIGANI

Elle est sévère comme tous les diables, particulièrement sur ces sortes de crimes.

MONSIEUR DE POORCEAUGNAC.

Mais quand on est innocent ?

SBRIGANI

N'importe ; ils ne s'enquêtent point décela ; et puis, ils ont en cette Tille une haine effroyable pour les gens de Totre pays . et ils ne sont point plus raTis que de Toir pendre un Limosin.

Qu'est-ce que les Limosins leur ont fait?

SBRIGANI

Ce sont des brutaux, ennemis de la gentillesse et du mérite des autres Tilles. Pour moi, je tous aToue que je suis pour TOUS dans une peur épouTantable ; et je ne me consolerais de ma yie, si tous Teniez à être pendu.

Ce n'est pas tant la peur delà mort qui me fait fuir, que de ce qu'il est fâcheux à un gentilhomme d'être pendu, et qu'une preuTe comme celle-là ferait tort à nos titres de noblesse.

SBRIGANI

Vous aTez raison; on tous contesterait après cela le titre d'écuyer. Au reste, étudiez-TOus, quand je tous mènerai par la main, à bien marcher comme une femme, et prendre le langage et toutes les manières d'une- personne de qualité.

Laissez-moi faire. J'ai tu les personnes du bel air. Tout ce qu'il y a, c'est que j'ai un peu de barbe.

SBRIGANI

Votre barbe n'est rien ; il y a des femmes qui en ont autant que TOUS. Çà, Toyons un peu comme tous ferez. (Après

(luc M. de Pourceaugnac a contrefait la femme de condition.) Boo. MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Allons donc, mon carrosse. Où est-ce qu'est mon carrosse!^

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