ACTE III, SCÉNB IIL
TABTUFE.
Que voulez- VOUS?
DORINB.
Vous dire.., TARTUFE, tirant an monchoir de sa pocbe.
Ah! mon Dieul je vous prie.
Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.
DORUIB,
Comment !
Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.
DORINE
Vous êtes donc bien tendre à la tentation ;
Et la chair sur vos sens fait grande impression !
Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte :
[Mais à convoiter, moi , je ne suis point si prompte ; Et je vous verrais nu, du haut jusqùes en bas,^ Que toute votre peau ne me tenterait pas.
Mettez dans vos discours un peu de modestie , Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.
DORINE
Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repos; Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots. Madame va venir dans cette salie basse , Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.
Hélas ! très volontiers.
DORINE, à part.
Comme il se radoucit!
Ma foi, je suis toujours pour ce que j'en ai dit.
Viendra-t-elle bientôt?
DORINE
JeTentends, ce me semble.
Oui , c'est elle en personne ; et je vous laisse ensemble.