‹ ŒuvresChapitre 282 sur 599 · ORONTE, ÉRASTE, JULIE, SBRIGANI · texte numérisé non relu

ORONTE, ÉRASTE, JULIE, SBRIGANI

ÉRASTE, à Jolie.

Allons, vous viendrez malgré vous, et je veux vous remettre entre les mains de votre père. Tenez, Monsieur, voilà une lille que j'ai tirée de force d'entre les mains de Thomme avec qui elle s'enfuyait; non pas pour l'amour d'elle t mais pour votre seule considération. Car, après l'action qu'elle a faite, je dois la mépriser, et me guérir absolument de l'amour que j'avais pour elle.

ORONTE

Ah! infâme que tu es!

ÉR48TE, à Julie.

Comment ! me traiter de la sorte après toutes les marques d'amitié que je vous ai données! Je ne vous blâme point de vous être soumise aux volontés de monsieur votre père; il est sage ef judicieux dans les choses qu'il fait; et je ne me plains point de lui de m'a voir rejeté pour un autre. S'il a manqué à la parole qu'il m'avait donnée, il a ses raisons pour cela. On lui a fait croire que cet autre est plus riche que moi de quatre ou cinq raille écus ; et quatre ou cinq mille écus est un denier considérable, et qui vaut bien lu peine qu'un homme manque à sa parole : mais oublier en un moment toute l'ardeur que je vous avais montrée ! vous laisser d'abord enflammer d'amour pour un nouveau venu, et le suivre honteusement sans le consentement de monsieur votre père, après les crimes qu'on lui impute ! c'est une chose condamnée de tout le monde, et dont mon cœur ne peut vous faire d'assez sanglants reproches.

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