‹ ŒuvresChapitre 305 sur 599 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MONSIEUR JOURDAIN, UN MAtTRB TAILLEUR, UN GARÇON T4ILLEUR , portant l'habit de M. Jourdain ; UN LAQUAIS.

MONSIEUR JOURDAIN

Ah ! TOUS voilà I je m'allais mettre en colère contre vous.

LE HAtTRE TAILLEUR.

Je n'ai pas pu Tenir plus tôt, et j'ai mis vingt garçons après votre habit.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous m'avez envoyé des bas de soie si étroits, que j'ai ea toutes les peines du monde à les mettre, et il y a déjà deux mailles de rompues.

LE MAtTRB TAILLEUR.

Ils ne s'élargiront que trop.

MONSIEUR JOURDAIN

Oui, si je romps toujours des mailles. Vous m'avez aussi fait faire des souliers qui me blessent furieusement.

LE MAITRE tailleur.

Point du tout, Monsieur.

monsieur JOURDAIN.

Comment 1 point du tout?

le MAtTRB TAILLEUR.

Non, ils ne vous blessent point.

MONSIEUR JOURDAIN

Je vous dis qu'ils me blessent, moi.

LE MAlTRE TAILLEUR.

Vous VOUS imaginez cela.

MONSIEUR JOURDAIN

Je mel'imagine parce que je le sens. Voyez la belle raison !

LE MAItRB TAILLEUR.

Tenez, voilà le plus bel habit de la cour, et le mieux assorti. C'est un chef-d'œuvre que d'avoir inventé un habit sérieux qui ne ftkt pas noir ; et je le donne en six coups aux tailleurs les plus éclairés.

MONSIEUR JOURDAIN

Qu'est-ce que c'est que ceci? vous avez mis les fleurs eo en bas.

LB MAItRB TAILLEUR.

Vous ne m'avez pas dit que vous les vouliez en en haut.

Page 1