‹ ŒuvresChapitre 318 sur 599 · DORANTE, MADAME JOURDAIN, NICOLE · texte numérisé non relu

DORANTE, MADAME JOURDAIN, NICOLE

DORANTE

Vous me semblez toute mélancolique. Qu'avez-yous, ma<* dame Jourdain?

MADAME JOURDAIN

J ai la tète plus grosse que le poing, et si, elle n'est pas

enflée.

Mademoiselle votre fille, où est-elle, que je ne la vois point ?

MADAME JOURDAIN

Mademoiselle ma fille est bien où elle est.

DORANTE

Comment se porte-t-elle ?

MADAME JOURDAIN

Elle se porte sur ses deux jambes.

DORANTE

NeTonles-Yons point, un de ces jours, venir voir avec elle le l)al]et et la comédie que l'on fait chez le roi ?

MADAME JOURDAIN

Oui, vraiment 1 nous avons fort envie de rire, fort envie ' de rire nous avons.

DORANTE

Je pense, Madame Jourdain, que vous avez eu bien des

amants dans Totre jeune âge, belle et d'agréable humeur comme vous étiez.

MAD.iME JOURDAIN.

T redame! Monsieur, est-ce que madame Jourdain est décrépite j et la tête lui grouille-t-elle déjà?

Ah! ma foi, Madame Jourdain, je vous demande pardon! je ne songeais pas que vous êtes jeune ; et je rêve le plus souvent. Je vous prié d excuser mon impertinence.

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