ACTE m, scâms xiy
à ma fille reprocher ses parents, et qu'elle ait des enfants qui aient honte de m^appeler leurgrand'maman. S'il fallait qu'elle me Tint visiter en équipage de graude dame, et qu'elle manquât, par mégarde, à saluer quelqu'un du quartier, on ne manquerait pas aussitôt de dire cent sottises. Voyez-vous, dirait-oQ, cette madame la marquise qui fait tant la glorieuse? c'est la fille de M. Jourdain, qui était trop heureuse, étant petite, déjouer à la madame avec nous. Elle n'a pas toujours été si relevée que la voilà, et ses deux grands-pères vendaient du drap auprès de la porte Saint-Innocent. Ils ont amassé du bien à leurs en&nts, qu'ils "payent maintenant peut-être bien cher en iâutre monde; et l'on ne devient guère si riche à être honnêtes gens. Je ne veux point tous ces caquets, et je Teux un homme, en un mot, quim'ait obligation de ma fille, et à qui je puisse dire : Mettez- vous là, mon gendre, et dînez avec moi.
MONSIEUR lOURDAIN.
Voilà bien les sentiments d'un petit esprit, de vouloir demeurer toujours dans la bassesse. Ne me répliquez pas davantage : ma fille sera marqïâse, en dépit de tout le monde *, et si vous me mettez en colère, je la ferai duchesse.