‹ ŒuvresChapitre 378 sur 599 · HYACINTHE, OCTAVE, SCAPIN, SILVESTRE · texte numérisé non relu

HYACINTHE, OCTAVE, SCAPIN, SILVESTRE

HYACINTHE

Ah! Octave, est-il vrai ce que Silvestre vient de dire à Nérine, que votre père est de retour, et qu'il veut vous marier? octave!

Oui, belle Hyacinthe; et ces nouvelles m'ont donné une atteinte cruelle. Mais que vois-je? vous pleurez! Pourquoi ces larmes? Me soupçonnez-vous, dites-moi, de quelque infidélité.? et n'êtes- vous pas assurée de l'amour que j'ai pour vous?

HYACINTHE

Oui, Octave, je suis sûre que vous m'aimez ; mais je ne Iq ^uis pas que vous m'aimiez toujours.

OCTATE.

Eh 1 peutK)n vous aimer, qu'on ne voua aime toute sa Yie ?

HYACINTHE

Xai ouï dire, Octave, que yotre sexe aime moins longtemps que le nôtre, et que les ardeurs que les hommes foot ▼oir sont des feux qui s'éteignent aussi facilement qu'ils naissent.

Ahl ma chère Hyacinthe, mon cœur n'est donc pas fait comme celui des autres hommes; et je sens bien, pour moi, que je vous aimerai jusqu'au tombeau.

HYACINTHE

Je veux croire que vous sentez ce que vous dites, et je ne doute point que vos paroles ne soient sincères ; mais je crains un pouvoir qui combattra dans votre cœur les tendres sentiments que vous pouvez avoir pour moi. Vous dépendez d'oQ père qui veut vous marier à une autre personne ; et je sois sûre que je mourrai si ce malheur m'arrive.

OCTAVE

Non, belle Hyacinthe, il n'y a point de père qui puisse me contraindre à vous manquer de foi; et je me résoudrai à quitter mon pays, et le jour même, s'il est besoin, plutôt qu'à vous quitter. J'ai déjà pris, sans l'avoir vue, une aversion effroyable pour celle que l'on me destine ; et, sans être cruel, je souhaiterais que la mer l'écartât d'ici pour jamais. Ne pleurez donc point, je vous prie, mon aimable Hyacinthe; car vos larmes me tuent, et je ne puis les voir sans me sentir percer le cœur.

HYACINTHE

Puisque vous le voulez, je veux bien essuyer mes pleurs, et j'attendrai, d'un œil constant, ce qu'il plaira au ciel de résoudre de moi.

OCTAVE

Le ciel nous sera favorable.

HYACINTHE

U ne saurait m'étre contraire, si vous m'êtes fidèle.

OCTAVE

Je le serai assurément.

HYACINTHE

Je serai donc heureuse.

SCAPIN, à part.

- Elle n*est pas tant sotte, ma foi; et je la trouve assez passable.

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