SCÈNE VI
ARGAirnS; SCAPIN BT SILVESTRE, dans le fond dn théfttre. ARGÂNTB, se croyant seal.
A-t-on jamais ouï parler d'une action pareille à celle-là?
SCAPUV, à Silvestre.
Il a déjà appris l'affaire ; et elle lui tient si fort en tète, que toQt seul, il en parle haut.
ARGANTE, se croyant seul.
Voilà une témérité bien grande.
SCAPIIV, à SUvestre.
Écoutons-le un peu.
ARGANTB, se croyant seul.
Je voudrais bien savoir ce qu'Hs me pourront dire sur ce beau mariage. . . ,
SCAFIN, à part.
Nous y avons songé.
ARGANTB, se croyant seul.
Tâcheront- ils de me nier la chose ?
SCAPIN, à part
Non, nous n'y pensons pas.
ARGANTB, Se croyant «euL Ou s'ils entreprendront de l'excuser.'
SCAPIN, à part.
Celui-là se pourra faire.
ARGANTB, se croyant senl.
Prétendront-ils m'amuser par des contes en l'air?
8CAPIN, à part.
Peut-être.
ARGANTB, se croyant seul.
Tous leurs discours seront inutiles.
8CAPIN, à part.
Nous allons voir.
ARGANTB, se croyant seul.
Us ne m'en donneront point à garder.
SCAPm, à part.
Ne jurons de rien.
ARGAlfTE, se croyant seal.
Je saurai mettre mon pendard de fih en lieu de st- ^eté.
SCAPIN, à part.
Nous y pourToirons.
ARG4NTE, se croyant seul.
Et pour le coquin de Silvestre, je le rouerai de coups.
SILYESTRE, à Scapin.
J'étais bien étonné s'il m'oubliait.
ABGANTE, apercevant Silvestre.
Ah! Ah! vous voilà donc, sage gouverneur de famille, beau directeur de jeunes gens! . .
Monsieur, je suis ravi de vous voir de retour.
ARGANTE
Bonjour, Scapin. (a Silvestre.) Vous avez suivi mes ordres vraiment d'une belle manière ! et mon fils s'est comporté fort sagement pendant mon absence !
Vous vous portez bien, à ce que je vois.
. ÀRGANtE.
Assez bien, (a silvestre.) Tu ne dis mot, coquin, tu ne dis mot!
Votre voyage a-t-il été bon ?
ARGANTE
Mon Dieu, fort bon! Laisse-moi un peu quereller en repos.
Vous voulez quereller.»
ARGANTE
Oui, je veux quereller.
SGAPIN.
Hé qui, Monsieur?
ARGANTE, montrant Silvestre.
Ce mauraud-là.
Pourquoi ?
ARGANTE
Tu n'as pas ouï parler de ce qui s'est passé dans mon absence?