‹ ŒuvresChapitre 434 sur 599 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

LA COMTESSE, JULIE

LA COMTESSE

En vérité. Madame, c'est une chose étrange que les petites villes I On n'y sait point du tout son monde ; et je viens de faire deux ou trois visites où ils ont pensé me désespérer par le peu de respect qu'ils rendent à ma qualité.

JULIE

Où auraient-ils appris à vivre .^Us n'ont point fait de voyage à Paris.

LA COMTESSE

Ils ne laisseraient pas de l'apprendre, s'ils voulaient écouter les personnes; mais le mal que j'y trouve, c'est qu'ils veulent en savoir autant que moi, qui ai été deux mois à Paris, et ai vu toute la cour.

JUUE.

Les sottes gens que voilà !

LA COMTESSE

Ils sont insupportables, avec les impertinentes égalités dont ils traitent les gens. Car, enfin, il faut qu'il y ait de la subordination dans les choses ; et ce qui me met hors de moi, c'est qu'un gentihomme de ville de deux jours, ou de deux cents ans, aura l'effronterie de dire qu'il est aussi bien gentilhomme que feu monsieur mon mari, qui demeurait à la campagne, qui avait meute de chiens courants, et qui prenait la qualité de comte dans tous les contrats qu'il passait.

JULIE

On sait bien mieux vivre à Paris, dans ces hôtels dont la mémoire doit être si chère. Cet hôtel de Mouhy, Madame, cet hôtel de Lyon, cet hôtel de Hollande, les agréables de* meures que voilà I

LA COMTESSE

n est vrai qu'il y a bien de la différence de ces lieux-là à tout ceci. On y voit venir du beau monde, qui ne marchande point à vous rendre tous les respects qu'on saurait souhaiter. On ne se lève pas, si l'on veut, de dessus son siège ; et, lors*

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