‹ ŒuvresChapitre 53 sur 599 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

ORGON

Qaoil TOUS êtes ici...

M. LOYAL

Monsieur, sans pasdon.

Ce n'est rien seulement qu'une sommation^ Un ordre de yider dld, tous et les vôtres, Mettre tos meubles hors, et faire place à d'autres, Sans délai ni remise,' ainsi que besoin est.

OBGON.

Moi! sortir de céans?

M. LOYAL

Oui, Monsieur, s'il vous plaît.

La maison à présent, comme savez de reste, An bon monsieur Tartufe appartient sans conteste. De vos biens désormais il est maître et seigneur. En vertu d'un contrat duquel Je suis porteur. Il est en bonne forme, et Ton n'y peut rien dire.

DAHIS, à M. Loyal.

Certes, cette impudence est grande, et je l'admire!

M. LOYAL, à Damis.

Monsieur, je ne dois point avoir affaire à vous;

(Montrant Orgon.) C'est à Monsieur; il est et raisonnable et doux, Et d'un homme de bien il sait trop bien l'office, Pour se vouloir du tout opposer à justice.

ORGOr«.

Mais...

M. LOYAL

Oui, Monsieur, je sais que pour un million Vous ne voudriez pas faire rébellion , Et que vous souffrirez en honnête personne Que j'exécute ici les ordres qu'on me donne.

DAMlS.

Vous pourriez bien ici sur votre noir jupon. Monsieur l'huissier à verge, attirer le bâton.

M. LOYAL, à Orgon.

Faites que votre fils se taise on se retire, Monsieur. J'aurais regret d'être obligé d'écrire, Et de vous voir couché dans mon procès- verbal.

DORINE, à part.

Ce monsieur Loyal porte un air bien déloyal.

M. LOYAL

Pour tous les gens de bien j'ai de grandes tendresses. Et ne me suis voulu, Monsieur, charger des pièces

Que pour tous obliger et tous faire plaisir ; Que pour ôter par là le moyen d'en choisir Qui, n'ayant pas pour tous le zèle qui me pousse, Auraient pu procéder d'une façon moins douce.

ORGON

£t que peut-on de pis que d'ordonner aux gens De sortir de chez eux?

M. LOTAL.

On TOUS donne du temps ; Et jusques à demain je ferai surséance A l'exécution. Monsieur, de l'ordonnance. Je Tiendrai seulement passer ici la nuit Atcc dix de mes gens, sans scandale et sans bruit. Pour la forme il faudra, s'il tous plaît, qu'on m'apporte, ATant que se coucher, les clefs de Totre porte. J'aurai soin de ne pas troubler Totre repos, £t de ne rien souffrir qui ne soit à propos. Mais demain, du matin, il tous faut être habile A Tider de céans jusqu'au moindre ustensile. Mes gens tous aideront ; et je les ai pris forts Pour TOUS faire service à tout mettre dehors. On n'en peut pas user mieux que je fais, je pense; Et comme je tous traite aTec grande indulgence, Je TOUS conjure aussi. Monsieur, d'en user bien , Et qu'au dû de ma charge on ne me trouble en rien.

ORGON, à part.

Du meilleur de mon cœur je donnerais, sur l'heure , Les cent plus beaux louis de ce qui me demeure. Et pouToir, à plaisir, sur ce mutle asséner Le plus grand coup de poing qui se puisse donner.

CLÉANTE, bas, à Orgon.

Laissez, ne gâtons rien.

DAMIS

A cette audace étrange J'ai peine à me tenir, et la main me démange.

DORINB.

ATec un si bon dos, ma foi! monsieur Loyal, Quelques coups de bâton ne tous siéraient pas mal.

M. loyal.

On pourrait bien punir ces paroles infâmes. Ma mie -, et l'on décrète aussi contre les femmes.

CLÉANTE, à M. Loyal.

Finissons tout cela, Monsieur; c'en est assez.

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