‹ ŒuvresChapitre 54 sur 599 · ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE · texte numérisé non relu

ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE

ORGOIf.

Eh bien ! tous le Toyez, ma mère, si j'ai droit; Et TOUS pouvez juger du reste par l'exploit. Ses trahisons enfin tous sont-elles connues ?

MADAME PERNELLE

Je suis tout ébaubie, et je tombe des nues !

DORINE, à Orgon.

Vous TOUS plaignez à tort, à tort tous le blâmez,

Et ses pieux desseins par là sont confirmés.

Dans l'amour du prochain sa Tertu se consomme :

11 sait que très souTent les biens corrompent l'homme.

Et, par charité pure, il Teut tous enlcTcr

Tout ce qui tous peut faire obstacle à tous sauTer.

ORGON

Taisez-Tous. C'est le mot qu'il tous faut toujours dire.

CLÉANTE, à Orgon.

Allons Toir quel conseil on doit tous faire élire.

ELMIRE

Allez faire éclater l'audace de l'ingrat.

Ce procédé détruit la Tertu du contrat ;

Et sa déloyauté va paraître trop noire,

Pour soufifrir qu'il en ait le succès qu'on Teut croire.

VALÈRE, ORGON, MADAME PERNELLE , ELMIRE^ CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE.

TALÈRE.

Atcc regret, Monsieur, je Tiens tous affliger; Hais je m'y vois contraint par le pressant danger. Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre. Et qui sait l'intérêt qu'en tous j'ai lieu de prendre,

A Tiolé pour moi, par un pas délicat,

Le secret que l'on doit aux affaires d'État,

Et me Tient d'envoyer un avis dont la suite

Vous réduit au parti d'une soudaine fuite.

Le fourbe qui longtemps a pu vous imposer

Depuis une heure au prince a su vous accuser.

Et remettre en ses mains , dans les traits qu'il vous jette ,

D'un criminel d'État Timportante cassette ,

Dont, au mépris, dit-il, du devoir d'un sujet.

Vous avez conservé le coupable secret.

J'ignore le détail du crime qu'on vous donne ;

Mais un ordre est donné contre votre personne ;

Et lui-même est chargé, pour mieux l'exécuter,

D'accompagner celui qui vous doit arrêter.

CLÉANTB.

Voilà ses droits armés; et c'est par où le traître

De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre maître.

ORGON

L'homme est, je vous l'avoue , un méchant animal !

VALÈRE

Le moindre amusement vous peut être fatal.

J'ai pour vous emmener, mon carrosse à la porte, -

Avec mille louis qu'ici Je vous apporte.

Ne perdons point de temps : le trait est foudroyant,

Et ce sont de ces coups que l'on pare en fuyant.

A vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite,

Et veux accompagner jusqu'au bout votre fuite.

ORGON

Las ! que ne dois -je point à vos soins obligeants ! Pour ^ous en rendre grâce, il faut un autre temps ; Et je demande au ciel de m'être assez propice Pour reconnaître un jour ce généreux service. Adieu. Prenez le soin, vous autres...

CLÉANTB.

Allez tôt; Nous songerons, mon frère, à faire ce qu'il faut.

Page 1