‹ ŒuvresChapitre 559 sur 599 · L0UI80N · texte numérisé non relu

L0UI80N

Au nom de Dieu, mon papa, que je ne Taie pas !

ARGAN , voulant la fouetter.

Allons, allons.

LOOISON.

Ah! mon papa, vous m'avez blessée. Attendez : je suis morte.

(Elle contrefait la morte.) ARGAN.

Holà! qu'est-ce là? LouisonI Louison! Ah, mon Dieu! Louison ! Ah! ma fille ! Ah! malheureux ! ma pauvre fille est morte! Qu'ai-je fait, misérable! Ah! chiennes de verges! La peste soit des verges! Ah! ma pauvre fille! ma pauvre petite Louison !

LOUISON

Là, làf mon papa, ne pleurez point tant : je ne suis pas morte tout à fait.

ARGAN

Voyez-vous la petite rusée? Oh! çà, çà, je vous pardonne pour cette fois-ci, pourvu que vous me disiez bien tout.

LOUISON

Oh! oui, mon papa.

ARGAN

Prenez-y bien garde, au moine ; car voilà un petit doigt qui sait tout, et qjii me dira si vous mentez (1).

LOUISON

Mais, mon papa, ne dites pas à ma sœur que je vous l'ai dit.

ARGAN

Non, non.

LOUISON, après avoir regardé si personne n'écoute. C'est, mon papa, qu'il est venu un homme dans la chambre de ma sœur, comme j'y étais.

Eh bien?

(1) Les anciens appelaient le petit dotflrt auriculaire, ptfce qn'on s'en sert quelquefois à se nettoyer l'oreille. Un père, en l'employant à cet usage, aura fait une question à son enfant, et dit, comme Argan : Prenez-y garde, mon petit doigt va me dire si vous mentez; et c'est là sons doute ce qui a donné lieu au prorerbe, {Proverbeê françoia, pag. 4M,)

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