MERCURE, SOSIE
MERCURE , sous la figure de Sosie , sortant de la maison d'Amphitryon.
Sous ce minois qui lui ressemble , Chassons de ces lieux ce causeur, Dont l'abord importun troublerait la douceur Que nos amants goûtent ensemble.
SOSIE , sans voir Mercure*
Mon cœur tant soit peu se rassure ,
Et je pense que ce n'est rien.
Crainte pourtant de sinistre aventure, Allons chez nous achever l'entretien.
MERCURE , à part.
Tu seras plus fort que Mercure , Ou je t'en empêcherai bien.
SOSIE , sans voir Mercure.
Cette nuit en longueur me semble sans pareille. Il faut, depuis le temps que je suis en chemin , Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin. Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille Pour avoir trop pris de son vin.
MERCURE, à part.
Comme avec irrévérence Parle des dieux ce maraud I Mon bras saura bien tantôt Châtier cette insolence ; Et je vais m'égayer avec lui comme il faut , En lui volant son nom avec sa ressemblance.
SOSIE , apercevant Mercure d'un peu loin. Ah ! par ma foi , j'avais raison :