‹ ŒuvresChapitre 64 sur 599 · MERCURE, SOSIE · texte numérisé non relu

MERCURE, SOSIE

MERCURE , sous la figure de Sosie , sortant de la maison d'Amphitryon.

Sous ce minois qui lui ressemble , Chassons de ces lieux ce causeur, Dont l'abord importun troublerait la douceur Que nos amants goûtent ensemble.

SOSIE , sans voir Mercure*

Mon cœur tant soit peu se rassure ,

Et je pense que ce n'est rien.

Crainte pourtant de sinistre aventure, Allons chez nous achever l'entretien.

MERCURE , à part.

Tu seras plus fort que Mercure , Ou je t'en empêcherai bien.

SOSIE , sans voir Mercure.

Cette nuit en longueur me semble sans pareille. Il faut, depuis le temps que je suis en chemin , Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin. Ou que trop tard au lit le blond Phébus sommeille Pour avoir trop pris de son vin.

MERCURE, à part.

Comme avec irrévérence Parle des dieux ce maraud I Mon bras saura bien tantôt Châtier cette insolence ; Et je vais m'égayer avec lui comme il faut , En lui volant son nom avec sa ressemblance.

SOSIE , apercevant Mercure d'un peu loin. Ah ! par ma foi , j'avais raison :

Page 1