‹ ŒuvresChapitre 68 sur 599 · ACTE I, SCENB IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENB IL

80SIK.

N'importe. Je ne pois m'anéantir pour toi. Et souffrir un discours si loin de l'apparence. Être ce que je suis est-il en ta puissance?

. Et puis-je cesser d'être moi?

S'avisa-t-on jamais d'une chose pareille? Et peut-on démentir cent indices pressants?

Révé-je? Est-ce que je sommeille?

Ai-je Tesprit troublé par des transports paissants?

Ne sens-je pas bien que je Teille?

Ne suis-je pas dans mon bon sens?

Mon maître Amphitryon ne m'a-t-il pas commis A Tenir en ces Ûeux Ters Alcmène sa femme? Ne lui dois-je pas £aire, en lui Tantant sa flamme, Un récit de ses faits contre nos ennemis? Ne suis-je pas du port arriTé tout à l'heure?

Ne tiens-je pas une lanterne en main?

Ne te trouTé-je pas deTant notre demeure? Ne t'y parlé-je pas d'un esprit tout humain? Ne te tiens-tu pas fort de ma poltronnerie,

Pour m'empëcher d'entrer chez nous?

N'as-tu pas sur mon dos exercé ta furie?

Ne m'as-tu pas roué de coups?

Ah! tout cela n'est que trop Téritable;

Et, plût au ciel , le fût-il moins !

Cesse donc d'insulter au sort d'un misérable; Et laisse à mon deToir s'acquitter de ses soins.

MBRCURB.

Arrête, ou sur ton dos le moindre pas attire Un assommant éclat de mon juste courroux.

Tout ce que tu Tiens de dire

Est à moi, hormis les coups.

SOSIE

Ce matin, du Taisseau, plein de frayeur en l'âme. Cette lanterne sait comme je suis parti. Amphitryon , du camp , Ters Alcmène sa femme M'a-t-il pas enToyé?

MERCURE

Vous en rtcz menti.

C'est moi qu'Amphitryon députe Ters Alcmène Et qui du port Persique arrÎTe de ce pas ; Moi , qui Tiens annoncer la Taleur de son bras Qui nous fait remporter une Tictoire pleine , Et de nos ennemis a mis le chef à bas.

9« AMPHITRYON

C'est moi qui suis Sosie enfin » de certitude , '

Fils de Dave , hoanéte berger ; Frère d'Arpage, mort eu pays étranger;

Mail de Cléanthis la prude ,

Dont l'humeur me fait enrager; Qui dans Tiièbe ai reçu mille coups d'étrinère,

Sans en avoir jamais dit rien ; Et jadis en public fus marc^ué par derrière ,

Pour être trop homme de bien.

SOSIE y bas , à part.

Il a raison. A moins d'être Sosie , On ne peut pas savoir tout ce qu'il dit ; Et, dans Tétonnement dont mon Ame est saisie, Je commence, à mon tour, à le croire un petit. En effet, maintenant que je le considère, Je Tois qu'il a de moi taille , mine , action.

Faisons-lui quelque question,

Afin d'éclaircir ce mystère.

(Haut.)

Parmi tout le butin fait sur nos ennemis, Qu'est-ce qu'Amphitryon obtient pour son parti^.

MERCURE

Cinq fort gros diamants en nœud proprement mis, Dont leur chef se parait comme d'un rare ouvrage.

SOSIE

A' qui destine-t-il un si riche présent?

MERCCRE.

A sa femme ; et sur elle il le reut Toir paraître.

Mais où, pour l'apporter, est-il mis à présent.

MERCURE

Dans un coffret scellé des armes de mon maître.

SOSIE, à part.

Il ne ment pas d'un mot à chaque repartie; Et de moi je commence à douter tout de bon. Près de moi, par la force, il est déjà Sosie; Il pourrait bien eneor l'être par la raison. Pourtant, quand je me tAte et que je me rappelle.

Il me semble que je suis moi.

Où puis-je rencontrer quelque clarté fidèle,

Pour démêler ce que je voi ?

Ce que j'ai fait tout seul , et que n'a tu personnet A moins d'être moi-même , on ne le peut saroir.

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