‹ ŒuvresChapitre 88 sur 599 · JUPITER, ALCMÈNE, CLÉANTHIS, SOSIE · texte numérisé non relu

JUPITER, ALCMÈNE, CLÉANTHIS, SOSIE

JUPITER

Voulez-Tous me désespérer?

Hélas I arrêtez, belle Alcmène.

ALCMÈPŒ.

Non , ayec l'anteor de ma peine Je ne puis du tout demeurer.

JUPITER

De grâce I...

ALCMÈNE

Laissez-moi.

JUPITER

Quoil...

ALCMÈmS.

Laissez-moi, vous dis-je.

JUPITER , bas , à part.

Ses pleurs touchent mon âme, et sa douleur m'afflige.

(Haut.) t

Souffrez que mon cœur...

ALCMÈNE

Non, ne suivez poiut mes pas.

JUPITER

Où vonlez-Tous aller ?

ALCMÈNE

OÙ vous ne serez pas.

JUPITER

Ce vous est une attente vaine.

Je tiens à vos beautés par un nœud trop serré , Pour pouvoir un moment en être séparé.

Je vous suivrai partout , Alcmène.

ALCMÈNE

Et moi, partout je vous fuirai.

JUPITER

Je suis donc bien épouvantable !

ALCMÈNE

Plus qu'on ne peut dire , à mes yeux.

Oui, je vous vois comme un monstre effroyable, Un monstre cruel , furieux , Et dont l'approche est redoutable; Comme un monstre à fuir en tous lieux.

124 AMPHITRYON

Mon coeur souffre, à vous voir, une peine incroyable : C'est un supplice qui m'accable ; Et je ne vois rien sous les cieux D'affreux, d'tiorrible, d'odieux.

Qui ne me fût plus que vous supportable.

JUPITER

En voilà bien, hélas! que votre bouche dit.

ALCMÈNE

J'en ai dans le cœur davantage; Et , pour s'exprimer tout , ce cœur a du dépit

De ne point trouver de langage.

lUPrrER.

Hé! que vous a donc fait ma flamme, Pour me pouvoir, Alcmène, en monstre regarder?

Ah! juste ciel! cela peut-il se demander.' Et n'est-ce pas pour mettre à bout une âme?

JUPITER

Ah! d'un esprit plus adouci...

ALCMÈNE

No B, je ne veux du tout vous voir, ni vous entendre.

juprrER.

Avez-vous bien le cœur de me traiter ainsi?

Est-ce là cet amour si tendre Qui devait tant durer quand je vins hier ici?

ALCMÈNE

Non , non , ce ne l'est pas , et vos lâches injures

En ont autrement ordonné.

Il n'est plus, cet amour tendre et passionné; Vous l'avez dans mon cœur, par cent vives blessures, Cruellement assassiné;

C'est en sa place un courroux inflexible , Un vif ressentiment , un dépit invincible , Un désespoir d'un cœur justement animé , Qui prétend vous haïr, pour cet affront sensible, Autant qu'il est d'accord de vous avoir aimé ;

Et c'est haïr autant qu'il est possible.

JUPITER

Hélas ! que votre amour n'avait guère de force. Si de si peu de chose on le peut voir mourir I Ce qui n'était que jeu doit-il faire un divorce? Et d'une raillerie a-t-on lieu de s'aigrir?

Ah ! c'est cela dont je suis offensée,

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