Mah, bien plus ; que dis-je "? venir
a POUR LA FÊTE DE L 'ANNONCIATION.
en vou^ '. Il surviendra? Il n'est donc pas encore venu. \ oici la première parole de la sainte Vierge, qui est celle de la pureté.
Écoutez maintenant son autre réponse : Je suis la servante du Seigneur ; qu^il me soit fait selon ta parole ~. Qui est-ce qui parle ici, Chrétiens? C'est l'humilité, c'est l'obéissance. Elle ne s'élève pas par sa nouvelle dignité, elle ne se laisse pas emporter à la joie, elle déclare seulement son obéissance. Et aussitôt les cieux sont ouverts, tous les torrents des grâces tombent sur Marie, l'inondation du Saint-Esprit la pénètre toute ; le Verbe se revêt ^ de son sang très pur, et il emprunte d'elle ce sang pour le lui rendre un jour en la croix. Celui qui se donne à tous les hommes veut que Marie le possède seule neuf mois tout entiers. C'est c^u'il aime converser avec les humbles. Le Père la couvre de sa vertu ; et la faisant la Mère de son Fils unique, il la tire au-dessus de toutes les créatures pour l'associer en quelque façon à sa génération éternelle : ce Fils qu'il engendre toujours dans son sein, parce qu'il est si grand et si immense qu'il n'y a c^ue l'infinité du sein paternel qui soit capable de le contenir, il l'engendre dans le sein de la sainte Vierge. Et comment se peut faire un si grand miracle? C'est que l'humilité l'a rendue capable de contenir l'immensité même. Voyez donc que l'humilité est la source de toutes les grâces, et qu'elle seule peut attirer Jésus-Christ en nous.
Ha ! je ne m'étonne pas, Chrétiens, si Dieu paraît si fort éloigné des hommes, et s'il retire de nous ses miséricordes. Ha! c'est que l'humilité est bannie du monde. Car, Fidèles, si nous étions humbles, aimerionsnous tant les honneurs du siècle, que Jésus a tellement méprisés ^ ? Si nous étions vraiment humbles, souffririons-[nous] pas nos injures avec patience? et nous y sommes si délicats ! Et si nous étions vraiment humbles, voudrions-nous rabaisser les autres pour bâtir sur leur