‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 13 sur 397 · Luc, ;{.'). leurs Bosf^uet hésiter de même entre · texte numérisé non relu

Luc, ;{.'). leurs Bosf^uet hésiter de même entre

2. yft/(/., 37. ces deux formes, au présent de l'iniî. Telle est la leçou du manuscrit. dicatif.

du moins ]a leçon primitive. Une 4. Ici. nue variante illisible de

eoi'rectiou à la sanguine propose : trois ou quatre mots. rerrt'if frcuestit"). Nous verrons ail-

ruine notre estime propre? et pourquoi donc tant de médisances? Et si nous étions vraiment humbles, craindrions-nous pas les rencontres dans lesquelles nous savons assez, par une expérience funeste, que notre intégrité fait toujours naufrage? et nous allons aux occasions du péché, nous nous jetons au milieu des périls comme si nous étions impeccables ! Combien notre or- £!,ueil est grand ! Il a fallu pour le guérir l'humilité d'un Dieu, et encore l'humilité d'un Dieu ne peut nous apprendre l'humilité^ !

1. Tout le verso (p. 10) est couvert de textes latins de Tertullien, de saint Augustin, de saint Eucher.

sans rapport avec ce sermon. Voici un passage, qui contient une remarque intéressante sur l'Immaculée Conception :

Ex homil. 2 [S*' Aug.]. De te acccpit (juoil efiam pro te soleat : a pec-

cati cnim rcteris ne.vu per se non est immunis iiec ipsa Genitrix Bedeinptoris : sohts ille lege veteris debiti non lenetur.

Nota, reprend Bossuet, PEU SE non est immunis ; ridetur enim siffni- Jicare per Cliristum penifus immunem ah oriffinali cr/minc Jftiriam exstitlsse. '

PREMIER PAXKGYIUQUE

Prononce à Metz, devant le maréchal de Schonberg, au plus tard en avril Kî.")").

Schonberg:, cjui devait mourir en juin 165G, quitta Metz au mois de mars de cette année. De là, M. Floquet ^ a conclu avec rais(m que notre panégyrique - ne pouvait être postérieur à 1055; on sait que la fête de saint l'Vançois de Paule tombe le 2 avril. Il faut remarquer (ju'en 1655, le 2 avril étant le vendredi de la semaine de Pâ(jues, les rètrles liturgi(jues exigeaient (jue la fête fût renvoyée après la Qnaaiinudo. Les paroles de l'orateur: « L'Église dit aujourd'hui dans la collecte de saint François..., » ne désignent pas nécessairement, comme on l'a cru, le 2. avril. Elles s'entendent aussi bien du jour où l'office était transféré.

Dans le même mois, Bossuet faisait approuver par l'autorité épiscopale son premier ouvrage, la Réfutation du Catccltiume de l'iud Fcrn/ : la dédicace contient aussi un bel éloge du maréciial.

(dritits Christi vri/et uns.

La charité de Jésus-Christ nous presse.

(II Cor., V, 14.)

Rendon.s cet honneur à l'humilité, (ju'elle est seule digne de louange. La louange en cela e.st contraire aux autres choses que nous estiuïons, qu'elle perd son prix étant recherchée, et que sa valeur s'augmente quand on la méprise. Encore que les philosoj^hes fussent des animaux de gloire, connue les appelle Tertullien ^, philosophus (inhnal glorhc, ils ont reconnu la vérité de ce que je viens de dire; et voici la raison qu'ils en ont rendue : c'est que la gloire n'a point de corps, sinon en tant ({u'elle est attachée à la vertu, dont elle n'est qu'une dépendance. C'est pourquoi, disaient-ils, il faut diriger

1. Ktwief fitr lu rieile /irutsurt. t. I. nous u'mvoiis jm rùus.iir :i le retroup. Sl'2. vvv.

2. Plus (le iiKiniiscrit : du inuiii.» ;!. /Jv niiima. ii. 1.

rUKMIKH PANÉGVRIQrE DF, SAINT FRANÇOIS DE PAULE. 17

ses intentions à la vertu seule ; la gloire, comme un de ses apanages, la doit suivre sans qu'on y pense. Mais la religion chrétienne élève bien plus haut nos pensées : elle nous apprend que Dieu est le seul qui a de la majesté et de la gloire, et par conséquent que c'est à lui seul de la distribuer, ainsi qu'il lui plaît, à ses créatures, selon qu'elles s'approchent de lui. Or, encore que Dieu soit très haut, il est néanmoins inaccessible aux âmes qui veulent trop s'élever, et on ne l'approche qu'en s'abaissant ; de sorte Cjuc la gloire n'est qu'une ombre et un fantôme, si elle n'est soutenue par le fondement de l'humilité, qui attire les louanges en les rejetant. De là vient rjue l'Ëulise dit aujourrl'hui dans la collecte de saint François : « O Dieu, qui êtes la gloire des humbles : Di'us, limnilium cchitudo. » C'est à cette gloire solide qu'il faut porter notre ambition.

Monseigneur, la gloire du monde vous doit être devenue en quelque façon méprisable par votre i)ropre abondance. Certes, notre histoire ne se taira pas de vos fameuses expéditions ^ ; et la postérité la plus éloignée ne ])ourra lire sans étonnement toutes les merveilles de votre vie. Les peuples f[ue vous conservez ne perdront jamais la mémoire d'une si heureuse protection : ils diront à leurs descendants jusqu'aux dernières générations, que, sous le grand maréchal de Schonberg, dans le dérèglement des affaires et au milieu de la licence des armes, ils ont commencé à jouir du calme et de la douceur de la paix.

Madame ", votre piété, votre sage conduite, votre charité si sincère et vos autres généreuses inclinations auront aussi leur part dans cet applaudissement général de toutes les conditions et de tous les âges ; mais je ne craindrai ])as rie vous dire que cette gloire est bien peu de chose, ^i v()u> ne l'appuyez sur l'humilité.

\'iendra, viendra le temps, Monseigneur, que non seulement les histoires, et les marbres, et les trophées, mais encore les villes, et les forteresses, et les peuples et les nations seront consumés par le même feu ; et alors

I. Schonberfr avait combattu à 2. Marie île Hantefdrt. — Cf. AV/-

I.encate. à Estapel. à Periiifrnan. à / (V/Vé </<•/«.««;;//(• r^Vcc/e. I<>.')"2. au t. I. Toit.ise. 1'. \M.

S<TIlir>iis lie liossuet. — U. ' i

toute la gloire des hommes s'évanouira en fumée, si elle n'est défendue de l'embrasement général par l'humilité chrétienne. Alors le Sauveur Jésus descendra en sa majesté ; et assemblant le ciel et la terre pour faire l'éloge de ses serviteurs, dans une telle multitude il ne choisira, Chrétiens, ni les César, ni les Alexandre : il mettra en une place éminente les plus humbles, les plus inconnus. Parce que le pauvre François de Paule s'est humilié en ce monde, sa vertu sera honorée d'un panégyrique éternel de la propre bouche du Fils de Dieu. C'est ce qui m'encourage, mes Frères, à célébrer aujourd'hui ses louanges à la gloire de notice grand Dieu et pour l'édification de nos âmes. Bien que sa vertu soit couronnée dans le ciel, comme elle a été exercée sur la terre, il est juste qu'elle y reçoive les éloges qui lui sont dus. Pour cela, implorons la grâce de Dieu, par l'entremise de celle qui a été l'exemplaire des humbles et qui fut élevée à la dignité la plus haute en même temps qu'elle s'abaissa par les paroles les plus soumises, après que l'ange l'eut saluée en ces termes : Atu'[, gratia plena].

Si nous avons jamais bien compris ce que nous devenons par la grâce du saint baptême et par la profession du christianisme, nous devons avoir entendu que nous sommes des hommes nouveaux et de nouvelles créatures en Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul nous exhorte de nous renouveler en notre âme, et de ne marcher plus selon le vieil homme, mais en la nouveauté de l'Esprit de Dieu '. De là vient que le Sauveur Jésus nous est donné coïnme un nouvel homme et comme un nouvel Adam, ainsi que l'appelle le même saint Paul " ; et c'est lui qui, selon la volonté de son Père, est venu dans la plénitude des temps, afin de nous reformer selon les premières idées de cet excellent Ouvrier, qui, dans l'origine des choses, nous avait faits à sa ressemblance. Par conséquent, comme le Fils de Dieu est lui-même le nouvel homme, personne ne peut espérer de participer à ses grâces, s'il n'est renouvelé à l'exemple de Notre-Seigneur, qui nous est proposé comme l'auteur de notre salut et comme le modèle de notre vie.

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