Joan., I. 11). écrit qu'une esquisse, sur laquelle il
4. S. Aug.,a(/ l'anl. Ep.,fLXXXYi. a improvisé en chaire. Deforis l'aura n. 10. complétée de son mieux.
."). Nous n'osons garantir que cette
Sermons de Bosquet. — JI. 1 1
pourquoi Marie prévient sainte Elisabeth, et Jésus prévient Jean-Baptiste.
Voyez comment Jésus prévient son précurseur même : il faut aussi qu'il nous prévienne dans la grâce du sacerdoce. Il y en a qui préviennent Jésus-Christ : ce sont ceux qui viennent sans être appelés. Jésus-Christ a été appelé par son Père ; Jean était choisi pour son précurseur ; néanmoins il le prévient. La marque que nous sommes appelés, c'est le zèle du salut des âmes. Jésus vient à Jean, le libérateur au captif ; Jésus visite Jean, parce qu'il faut que le médecin aille visiter son malade. Mais Jésus est dans le ventre, et Jean dans le ventre ^ : ne semble-t-il pas que le médecin soit aussi infirme que le malade? Jésus a pris nos infirmités afin d'y apporter le remède. C'est le devoir des prêtres de se rendre faibles avec les faibles pour les guérir. « Quia infirmatiir, et ego non infirnior: Qui est faible, disait l'Apôtre", sans que je m'affaiblisse avec lui? Qui est scandalisé sans que je brûle? Qnîs scandalizatur, et ego non iiror? » Votdez-voius savoir, demande saint Augustin, jiisqu^où VApôtre est descendu pour se rendre faible avec les faibles^? Tl s'est abaissé jusqu'à donner du lait aux petits enfants. Écoutez-le lui-même dire aux Thessaloniciens ^ : « Je me suis conduit parmi vous avec une douceur d'enfant, comme une nourrice cjui a soin de ses enfants. Et, en effet, nous voyons les nourrices et les mères s'abaisser, pour se mettre à la portée de leurs petits enfants ; et si, par exemple, elles savent parler latin, elles apetissent les paroles, et rompent en quelque sorte leur langue, afin de faire d'une langue diserte un amusement d'enfant. Ainsi, un père éloquent qui a un fils encore dans l'enfance, lorsqu'il rentre dans sa maison, il dépose cette éloquence qui l'avait fait admirer dans le barreau, pour prendre avec son fils un langage enfantin. Qusere quo desccnderit, usque ad lac parvidis dandum : Factus sum parvidis in medio vestrum, tanciuam si nutrix foveat fîlios suos. Videmus
1. Edit. : Jésus est dans le selii donnée par l'abbé Vaillant, AVifdw,
[de sa mère], et Jean dans le sein p. 5.
[de la sienne]. — La leçon véritable, 2. II Cor., xi. 29.
avec cette rude simplicité qui plai- ;?. I Cor., m, 2.
sait à saint Vincent de Paul, est 4. I Thess.. ii. 7.
cnim et iiutrices et maires descenderc ad panndos ; et si norunt latina verba dîcere, decurtant illa, et quassant, quodam modo ïingiiam suam, td possint de lingua dîserta fieri blandimenta puerUia... Et disertus aliquis pater..., si haheat panndum filium, cum ad donuim redierit, seponit forensem eloqucntiam quo ascendcrat^ et lingua puerili descendit ad panHdum \ »
Mais revenons à Marie et à Élisabetii : elles s'embrassent, elles se saluent : la Loi honore l'Evangile en le prédisant ; l'Évangile honore la I-oi en l'accomplissant: c'est le mutuel salut qu'ils se donnent. Écoutons maintenant leurs saints entretiens : « Benedicta tu inter muJicres " : Vous êtes bénie entre toutes les femmes. > O Église, ô société des fidèles, assemblée chérie entre toutes les sociétés de la terre ! vous êtes singulièrement bénie, parce que vous êtes uniquement choisie. « Una est columha mca, perfceta mca' : Une seule est ma colombe, et ma parfaite amie. Beata quu' crcdidistl ^ : Vous êtes bienheureuse d'avoir cru, » dit Elisabeth à Marie ; et avec raison, puisque la foi est la source de toutes les grâces, car « le juste vit de la foi : Justus autem meu^ ex fide vivit''. Perficientur ea quse dicta sunt tihi a Domino ^ : Tout ce qui vous a été dit de la part du Seigneur sera accompli. » Tout s'accomplira : voilà la vie chrétienne. Les chrétiens sont enfants de promesse, enfants d'espérance : voilà le témoignage que la Synagogue rend à l'Église. I/Église ne désavoue pas ses dons ni ses avantages ; au contraire, elle recoiniaît que « le Tout-Puissant a fait en elle de grandes choses : Fecit mihi magna qui potcns est. » Mais elle rend la louange à Dieu : « Magnificat anima mea Dominum ' : Mon âme glorifie le Seigneur. » Ainsi, dans cette aimable rencontre de la Synagogue avec l'Église, pendant que la Synagogue, selon son devoir, rend un fidèle témoignage à l'Église, l'Église, de son côté, rend témoignage à la miséricorde divine : afin que nous apprenions. Chrétiens, que le vrai sacrifice de la nouvelle loi, c'est le
1. S. Aiig., Jn Joan., tract, vu, 4. Luc, i, -15. Kdit. : Htiita <'s lu