‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 186 sur 397 · Var. : dont vous avez autrefois 7. Hebr., iv · texte numérisé non relu

Var. : dont vous avez autrefois 7. Hebr., iv

senti les rigueurs. 8. Ms. : Et ([uoi donc 1

Sermons de Bossuct. --II. 19

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mités, s'il ne les avait expérimentées? — Ha ! ce n'est pas le sens de l'Apôtre ; vous ne prenez pas sa pensée. Entendons cette doctrine tout apostolique. Je l'avoue, cette société de malheurs ne lui ajoute rien pour la connaissance, mais elle ajoute beaucoup pour la tendresse. Car Jésus n'a pas oublié ni les longs travaux, ni les autres difficultés de son pénible pèlerinage. Cela est encore présent à son esprit ; de sorte qu'il ne nous plaint pas seulement comme ceux qui sont dans le port plaignent les autres qu'ils voient sur la mer agités d'une furieuse tempête ; mais il nous plaint à peul près comme ceux qui courent le même péril se plaignent les uns les autres par une expérience sensible de leurs communes disgrâces. Il nous plaint, si je l'ose dire, comme ses compagnons de fortune, comme ayant eu à passer par les mêmes misères que nous, a3ant eu tout ainsi que nous une chair sensible aux douleurs et un sang capable de s'altérer, et une température de corps sujette comme la nôtre à toutes les incommodités de la vie et à la nécessité de la mort. Quiconque, après cela, cherche d'autres joies et d'autres consolations que Jésus, il ne mérite ni joie ni consolation. Qui peut douter, Fidèles, de la guérison de nos maladies, après ce signe que l'on nous donne? Car, pour recueillir mon raisonnement, la compassion du Sauveur n'est pas une affection inutile ; si elle émeut le cœur, elle sollicite le bras. Ce médecin est tout-puissant ; tout ce qui lui fait pitié, il le sauve ; tout ce qu'il plaint, il le guérit. Or nous avons appris de l'Apôtre qu'il plaint tous les maux qu'il a éprouvés. Et quels maux n'a-t-il pas voulu éprouver? Il a senti les infirmités, il les guérira ; les appréhensions, il les guérira ; les ennuis, les langueurs, il les guérira ; la mortalité, il la guérira ; tous les maux, il guérira tout. Par conséquent, mes Frères, espérons bien des faiblesses de notre nature ; disons tous ensemble avec le Psalmiste : « Secundum multitudineni dolonim meoruni in corde meo, [consolationes tuse Isetîficaverunt animnm rneam^ ^ : Selon la multitude de mes douleurs, vos consolations, ô mon Dieu, se sont répandues abondamment

L Ps. xciiMO.

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en mon âme. » Autant que je vois d'infirmités en Notre- Seigneur, autant je me promets de grandeur pour nsoi ; et ainsi n'ai-je pas raison de vous dire que, s'il a pris nos infirmités, c'est pour les guérir? C'était ma seconde partie : Dieu nous fera la grâce d'établir en peu de mots la troisième sur des raisons aussi convaincantes.

Troisième Point.

[P. 14] Achevez votre ouvrage, ô divin Sauveur; mettez la dernière main au salut des hommes par votre crèche, par votre étable, par votre misère, par votre indigence. I^e Fils de Dieu, Messieurs, en se faisant homme et nous rendant la liberté d'approcher de Dieu, nous montrait ^ où il fallait tendre ; en se soumettant aux faiblesses de la nature, il nous confirmait tout ensemble ■ et la vérité de sa chair et la grandeur de nos espérances. Maintenant, pour accomplir son ouvrage, il faut qu'il éloigne tous les obstacles qui nous empêchent de parvenir à la fin qu'il nous a proposée ; c'est ce qu'il fait admirablement par sa crèche, et vous le pouvez aisément comprendre, si vous suivez ce raisonnement facile et moral. Ce qui nous empêche d'aller au souverain bien, c'est l'illusion des biens apparents; c'est la folle et ridicule créance qui s'est répandue dans tous les esprits, que tout le bonheur de la vie consiste dans ces biens externes que nous appelons les honneurs, les richesses et les plaisirs. Étrange et pitoyable ignorance !

C'est pourquoi le Fils de Dieu vient au monde comme un réformateur du genre humain, pour désabuser tous les hommes de leur erreur^, et leur donner la vraie science des biens et des maux; et voici l'ordre qu'il y tient. Le monde a deux moyens d'abuser^ les hommes : il a premièrement de fausse? douceurs qui surprennent ^ notre crédulité trop facile ; il a secondement de vaines terreurs qui abattent notre courage trop lâche. Il est des hommes si délicats qu'ils ne peuvent vivre s'ils ne

1 . Yar. : nous avait montré. ce semble. Il s'agit en efifet de la

2. Var. : il a confirmé davantage. (( folle et ridicule créance ». énoncée

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