Ihid. iliii 4. Ms. : Et
VOUS en donne. » L'Apôtre avait bien entendu ce signe, lorsque, voyant les infirmités de son Maître, aussitôt il paraît consolé des siennes. Ha ! dit-il, nous n\ivons pas un pontife qui soit insensible à nos maux ^ ; il compatit aux infirmités " de notre nature, il y apportera du soulagement. Et quel signe nous en donnez-vous, saint Apôtre? Et hoc vohis signum : « C'est qu'il les a, dit-il, éprouvées : Tentatum per omnia^. » Je vous prie, entendez ce signe, rien n'est plus plein de consolation. N'est-il pas vrai, Fidèles? de tous ceux dont vous plaignez les disgrâces, il n'y en a point pour lesquels votre compassion soit plus tendre que pour ceux que vous voyez dans les mêmes afflictions que vous avez autrefois senties "*. Vous avez pex'du un ami, j'en ai perdu un autrefois : dans cette rencontre de douleurs, ma pitié en sera plus grande, parce que je sens })ar expérience combien il est dur de perdre un ami. Et de là quel soulagement je vois naître pour les misérables! Ha! consolez-vous^, Chrétiens, qui languissez parmi les douleurs : «ion Sauveur n'a épargné à son corps ni la faim, ni la soif, ni les fatigues, ni les sueurs, ni les infirmités, ni la mort; il n'a épargné à son âme, ni la tristesse, ni l'in- ({uiétude, ni les longs ennuis, ni les plus cruelles appréhensions. O Dieu ! qu'il aura d'inclination de nous soulager, nous, qu'il voit du plus haut des cieux battus des mêmes orages dont il a été attaqué sur la terre ! C'est pourquoi l'Apôtre se glorifie des infirmités de notre Pontife. Ha! nous n\ivons pas, dit-il, un pontife qui ne sente pas nos infirmités : il les sent, il en est touché, il en a pitié '^, dit saint Paul. Et pourquoi? « C'est qu'il a passé, répond-il, par toute sorte d'épreuve : Tentatum per omnia... absque pcccato\ » Il a tout pris, à l'exception du péché. Il sait, il sait par expérience combien est grande la faiblesse de notre nature.
[P. 13] E^h quoi donc ! le Fils de Dieu, direz-vous, qui est la Sagesse du Père, ne saurait-il pas nos infir-