Var. : ii donne, après, sa mère
après que je lui aurai adressé celles par lesquelles on lui annonça qu'elle serait mère de Jésus-Christ même, Ave, Maria.
[P. 1] C'est un trait merveilleux de miséricorde, que la promesse de notre salut se trouve presque aussi ancienne que la sentence de notre mort, et qu'un même jour ait été témoin de la chute de notre nature, et du rétablissement de notre espérance \ Nous voyons en la Genèse, chap. m, que Dieu, nous condamnant à la servitufle, nous promet en même temps le Libérateur" ; en prononçant la malédiction contre nous, il prédit au serpent, qui nous a trompés, que sa tête sera brisée, c'est-à-dire que son empire sera renversé et que nous serons délivrés de sa tyrannie. Les menaces et les promesses se touchent : la limiière de la faveur nous paraît dans le feu même de la colère ; afin que nous entendions, Chrétiens, que Dieu se fâche contre nous ainsi qu'un bon père, qui, dans les sentiments les plus vifs d'une juste indignation, ne peut oublier ses miséricordes, ni retenir les effets de sa tendresse. Mais ce qui me paraît le plus admirable dans cette conduite de la Providence, c'est qu'Adam même, qui nous a perdus, et Eve, cjui est la source de notre misère, nous sont représentés dans les Écritures comme des images vivantes des mystères qui nous sanctifient. Jésus-Christ ne dédaigne pas de s'appeler le nouvel Adam ; Marie, sa divine mère, est la nouvelle Eve ; et, par un secret merveilleux, notre réparation nous est figurée même dans les auteurs de notre ruine.
C'est sans doute dans cette vue, que saint Épiphane a considéré un passage de la Genèse où Eve est nommée Mère des vivants : il a doctement remarqué au livre troisième des Hérésies (Haeres. Lxxviii)^, que c'est après la condamnation qu'elle est appelée de la sorte; et voyant qu'elle n'avait pas ce beau nom lorsqu'elle était encore dans le paradis, il s'étonne, avec raison, que l'on commence à l'appeler Mère des vivants, seulement après qu'elle est condamnée à n'engendrer plus que des