‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 196 sur 397 · Ici, uu mot illisible. n'est pas assez · texte numérisé non relu

Ici, uu mot illisible. n'est pas assez

2. Beforis : Toutefois encore ce îi. De congeng. /ù'iuk/.. lib. H, n'est pas assez. — Mélange du texte cap. 1 1 1 .

avec la rarlante: « Mais encore ce

il a engendré dans l'éternité un Fils qui est égal à luimême, qui fait les délices de son cœur, qui rassasie parfaitement son amour, comme il épuise sa fécondité. D'où vient donc qu'ayant un Fils si parfait, il ne laisse pas de nous adopter? Ce n'est pas [p. 9] l'indigence qui l'y oblige, mais les richesses immenses de sa charité. C'est la fécondité infinie d'un amour inépuisable et surabondant, qui fait qu'il donne des frères à ce premier-né, des compagnons à cet unique, et enfin des cohéritiers à ce bien-aimé de son cœur. O amour ! ô miséricorde ! Mais il passe encore plus loin. Non seulement il joint à son propre Fils des enfants qu'il adopte par miséricorde, mais il livre son propre Fils à la mort pour faire naître les adoptifs: c'est ainsi que sa charité est féconde. Pour ^ produire, il faut qu'il détruise ; pour engendrer les adoptifs, il faut qu'il donne le véritable. Et ce n'est pas moi qui le dit ; c'est Jésus qui me l'enseigne dans son Évangile : Dieu a tant aimé le monde, dit-il", qiiHl a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient 7ie périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle. Ne voyez-vous pas, Chrétiens, qu'il donne son propre Fils à la mort, pour faire vivre les enfants d'adoption ; et que cette même charité du Père, qui le livre, qm l'abandonne, qui le sacrifie, nous adopte, nous vivifie et nous régénère ?

Mais, après avoir contemplé la cliarité infinie de Dieu, jetez maintenant les jeux sur Marie, et voyez comme elle se joint à l'amour fécond du Père éternel. Car pourquoi son Fils l'a-t-il appelée à ce spectacle d'inhumanité? Est-ce pour lui percer le cœur et lui déchirer les entrailles ? Faut-il que ses yeux maternels soient frappés de ce triste objet, et qu'elle voie couler devant elle, par tant de cruelles blessures, un sang qui lui est si cher? N'y a-t-il joas de la dureté de ne lui épargner pas cette peine? Chrétiens, ne le croyez pas; et comprenez un si grand mystère. Il fallait qu'elle se joignît à l 'amour du Père éternel ; et que, pour sauver les pécheurs, ils livrassent leur commun Fils, d'un commun accord, au supplice. Si bien qu'il me semble que j'en-

]. Var. : féconde. Nouvelle sorte 2. Jean., m, lt>.

de fécondité : pour produire...

POUR LA FÊTE Dl ROSAIRE. 309

tends Marie, qui parle ainsi au Père éternel d'un cœur tout ensemble ouvert et serré : serré par une extrême douleur, mais ouvert en même temps au salut des hommes par la sainte dilatation de la charité : Puisque vous le voulez, ô mon Dieu, dit-elle, je consens à cette mort ignominieuse, à laquelle vous abandonnez le Sauveur ; vous le condamnez, j 'y souscris ; vous voulez sauver les pécheurs par la mort de votre Fils innocent ; qu'il meure, afin que les hommes vivent. Voyez, mes Frères, comme elle s'unit à l'amour fécond du Père éternel ; mais admirez qu'en ce même temps, elle reçoit aussi sa fécondité : Femme, dit Jésus, voilà [p. 10] votre fils. Son amour lui ôte un fils bien-aimé, son amour lui en rend un autre ; et, en la personne de ce seul disciple, elle devient, par la charité, l'Eve de la nouvelle alliance et la mère féconde de tous les fidèles. Car qui ne voit ici un amour de mère? Donnerait-elle pour nous son cher Fils, si elle ne nous aimait comme ses enfants? Que reste-t-il donc maintenant, sinon que nous lui rendions amour pour amour ; et qu'au lieu du fils qu'elle perd, elle en trouve un en chacun de nous ?

Mais il me semble que vous me dites : Quel échange nous conseillez-vous, et que rendrons-nous à Marie ? quoi ? des hommes mortels pour un Dieu ! des pécheurs pour un Jésus-Christ ! Est-ce ainsi qu'il nous faut réparer sa perte? — Non, ce n'est pas là [ma] pensée. C'est un Jésusi-Christ qu'elle donne, rendons-lui un Jésus-Christ en nous-mêmes ; et faisons revivre en nos âmes ce fils qu'elle perd pour l'amour de nous. Je sais bien que Dieu le lui a rendu glorieux, ressuscité, immortel : mais encore qu'elle le possède en sa gloire, elle ne laisse pas. Chrétiens, de le chercher encore dans tous les fidèles. Soyons donc chastes et pudiques, et Marie reconnaîtra Jésus-Christ en nous. Soyons humbles et obéissants, comme Jésus l'a été jusques à la mort ; ayons des cœurs tendres et des mains ouvertes pour les pauvres et les misérables ; oublions toutes les injures, comme Jésus les a oubliées, jusques à laver ^ dans son propre sang même le crime de ses bourreaux. Quelle

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