Luc, I, 49. .'). Ihld.. 3ô
.'î. Var. : nous voyons.
tendre que la fécondité du Père céleste se communiquant à Marie, elle sera mère du Fils de Dieu même ; et c'est pourquoi l'ange après avoir dit que la vertu du Très-Haut l'environnera, il ajoute aussitôt après ces beaux mots : « Ideoquc et quod na.scetur [ex te sanctum voeahitur Filhis Dei] ; ' il sera nommé Fils de Dieu » ; comme s'il avait dessein de lui dire : O sainte et divine Marie, le fruit de vos bénites entrailles sera appelé le Fils du Très-Haut, parce que vous l'engendrerez, non par votre fécondité naturelle, mais par une bienheureuse participation fie la fécondité du Père éternel, qui sera répandue sur vous.
N'admirez- vous pas. Chrétiens, cette dignité de Marie? Toutefois' n'est-ce pas assez qu'elle soit associée au Père éternel, comme mère de son Fils unique : celui qui lui donne son propre Fils qu'il engendre par sa nature, lui refusera-t-il les enfants qu'il adopte par sa charité? et s'il veut bien lui communiquer sa fécondité naturelle, afin qu'elle soit mère de Jésus-Christ, doit-il pas, pour achever son ouvrage, lui donner libéralement la fécondité de son amour, pour être mère de tous ses membres? Et c'est pour cela. Chrétiens, que mon évangile m'appelle au Calvaire : c'est là que je vois la très sainte Vierge s'unissant, devant son cher Fils, à l'amour fécond du Père éternel. Ha! qui pourrait ne s'attendrir pas à la vue d'un si beau spectacle?
Il est vrai qu'on ne peut assez admirer cette immense charité, par laquelle il nous choisit pour enfants : car, comme remarque admirablement l'incomparable saint Augustin ^, nous voyons que, parmi les hommes, l'adoption n'a jamais de lieu que lorsqu'on ne peut ])lus espérer d'avoir de véritables enfants. Alors, fjuand la nature n'en peut plus donner, les hommes onb trouvé le secret de s'en faire par leur amour : tellement que cet amour qui adopte n'est établi que pour venir au secours et pour suppléer au défaut de la nature qui manque. Mais il n'est pas ainsi de notre grand Dieu :