‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 258 sur 397 · I. Var. : que je souffre · texte numérisé non relu

I. Var. : que je souffre

Sermon? fie Bos?uet. — H. 26

une suite nécessaire de la pauvreté. Sont-ils de plus mauvaise humeur que ceux auxquels Jésus-Christ disait: O gencratio... pcn^ersa! usqiiequo... patiar vos? Adduc hue fiUum tiiuin^. — Mais ils ne se contentent pas de ce que nous leur donnons : ils veulent de l'argent, et non des bouillons, et non des remèdes. — Qui le veut? C'est l'avarice. Vous n'êtes pas assemblées pour satisfaire à ce que leur avarice désire, mais à ce qu'exige leur nécessité. — Mais il n'}' a point de fonds ! — C'est la charité des fidèles ; et c'est à vous, Mesdames, à l'exciter^. C'est pour cela c|ue vous vous êtes toutes données à Dieu pour faire la quête.

(P. 10) Si la pauvreté dans le christianisme est honorable, vous devez être honoré [e] s de faire pour Jésus- Christ l'action de pauvres. Quoi ! rougirez-vous de demander l'aumône pour Jésus-Christ? Quand est-ce cjue vous donnerez, si vous ne pouvez vous résoudre à demander? Vous devriez ouvrir vos bourses, et vous refusez de tendre la main ! — Mais on ne me donne rien ! — O vanité, qui te mêle [s] jusques dans les actions les plus humbles, ne nous laisseras-tu jamais en repos? Jésus se contente d'un liard ; Jésus se contente d'un verre d'eau : bien plus, il ne laisse pas de demander aux plus rebelles, aux plus incrédules. Animez-vous donc les unes les autres. Mais persévérez. Quelle honte d'avoir commencé...! Ce serait une hypocrisie. Rien de plus saint : tout le monde y devrait concourir. N'écoutez pas ceux qui disent : Cet œuvre ne durera pas. — Il ne durera pas, si vous êtes lâche[s] ; il ne durera pas, si vous manquez de foi, si vous vous défiez de la Providence. Dieu suscitera l'esprit de personnes pieuses pour vous fournir des secours extraordinaires ; mais ce sera si vous faites ce que vous pouvez. Quelle consolation ! Je n'ai qu'un écu^ à donner; il se partagera entre tous les pauvres, comme la nourriture entre tous les membres ! C'est l'avantage de faire les choses en union. Si chaque membre prenait sa nourriture de lui-même, confusion et désordre ; la nature y a pourvu : une même

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