‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 257 sur 397 · II Cor.. I, \'2 : Kiili.. \i, 5, etc. (i. Pliilem · texte numérisé non relu

II Cor.. I, \'2 : Kiili.. \i, 5, etc. (i. Pliilem

nourriture. Ceux qui n'ont point ce fonds, imposent un tribut à leurs mains ; ils exigent d'elles ce qui est nécessaire au reste du corps : voilà le second degré de misère. Quand ce fonds leur manque par l'infirmité, mais encore y a-t-il quelque recours : la nature leur a donné une voix, des plaintes, des gémissements, dernier refuge des pauvres affligés pour attirer le secours des autres. Ceux dont je parle n'ont pas ce [s] moyens : ils sont contraints d'être renfermés ; leurs plaintes ne sont entendues que de leur pauvre famille éplorée et de quelques-uns de leurs voisins, peut-être encore plus misérables qu'eux. Mais dans l'extrême misère, c^uand on a l'usage de son esprit libre, la nécessité fait trouver des inventions : le leur est accablé par la maladie, par les inquiétudes, et souvent par le désespoir. Dans une telle nécessité, puisje leur refuser ma voix?

Combien de malades dans Metz ! Il semble que j 'entends tout autour de moi un cri de misère : Ne voulezvous (p. 9) pas avoir pitié? Leur voix est lasse, parce qu'elle est infirme : moins je les entends, et plus ils me percent le cœur. Mais si leur voix n'est pas assez forte, écoutez Jésus-Christ qui se joint à eux : Ingrat, déloyal, nous dit-il, tu mange[s] et tu te reposefs] à ton aise; et tu ne songe [s] pas que je suis souffrant ^ en telle maison, que j'ai la fièvre en cette autre ; et que partout je meurs de faim, si tu ne m'assiste [s] ! Qu'attendezvous, cruels, pour subvenir à la pauvreté de ce misérable ? Quoi ! attendez-vous que les ennemis de la foi en prennent le soin pour les gagner à eux par une cruelle miséricorde? Voulez-vous que votre dureté leur serve d'entrée? lia! qu'un homme se fait bien entendre, quand il vient donner la vie à un désespéré ! Faiblesse d'esprit dans la maladie. Vous voulez qu'ils soient secourus ; favorisez donc de tout votre pouvoir cette confrérie charitable qui se consacre à leur service. Aidez ces filles charitables dont toute la gloire est d'être les servantes des pauvres malades, victimes consacrées pour les soulager. Et ne me dites point : Les pauvres sont fie mauvaise humeur, on ne peut les contenter. — C'est

Page 1