Ps. Lxxxix, 4. ;>. Joan.. i. I
•2. Exod.. 111,14. 4. Ihid., 14.
d'une nouvelle catholique, 411
surpris d'un si grand anéantissement \ 0 Dieu, dis-je incontinent en moi-même, qui l'eût jamais pu croire, qu'un commencement si majestueux dût avoir une fin qui semble si méprisable, et que d'une telle grandeur on dût jamais tomber dans une telle bassesse? Et toutefois, ma très chère Sœur, c'est ce que le Fils de Dieu, touché d'amour pour notre nature, a fait dans la plénitude des temps. Cette immensité, dont je vous parlais,, s'est comme renfermée dans les entrailles d'une sainte vierge. L'Infini est devenu un enfant; l'Éternel s'est soumis à la loi des temps. Les hommes ont vu l'heure de sa mort, après avoir compté le premier jour de sa vie. Ainsi a-t-il plu à notre grand Dieu de faire voir sa toute-puissance, en élevant à la dignité la plus haute la chose du monde la plus vile et la plus infirme.
Considérez ceci. Chrétiens : je vous ai représenté la nature divine en bégayant, je l'avoue (et que pouvais-je faire autre chose?) ; mais enfin je vous l'ai, en quelque sorte, représentée dans sa grande et vaste étendue, sans bornes et sans limites; et dans l'Incarnation, elle s'est comme raccourcie : Verhiim hrevkitum', parole mise en abrégé. Elle s'est comme épuisée et anéantie, ainsi que parle saint Paul " ; non pas qu'elle ait rien perdu de ses qualités naturelles : elle n'est pas capable de changement ; elle s'est communiquée à nous, sans être diminuée en elle-même. Mais enfin elle s'est unie à notre misérable nature, elle s'est chargée de notre néant, elle a pris sur soi nos infirmités. Le Fils de Dieu, égal à son Père, étant en la forme de Dieu, a pris la forme d'esclave*. Et cela, qu'est-ce autre chose, sinon se prescrire certaines bornes, sinon s'abaisser et s'anéantir? N'estce pas en quelque sorte se dépouiller de sa majesté, pour se revêtir de notre faiblesse? C'est ce que nous enseigne l'Apôtre, dans le texte que j'ai allégué de l'Épître aux Philippiens. O bonté incroyable de notre Dieu ! ô amour inefllable pour notre nature, qui porte le Fils du Dieu vivant à s'unir si étroitement avec nous, dont la vie n'est qu'une langueui- et une défaillance continuelle !