‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 268 sur 397 · I Cor., XV, 53. ô. II Cor., vi. Itj · texte numérisé non relu

I Cor., XV, 53. ô. II Cor., vi. Itj

:i. I Cor.. XV. 28. ti. Philipp.. il. 7.

414 POUR LA YÊTURE

entendre) , elle est ^ enue ensuite de cet anéantissement ; c'est le dessein du Fils de Dieu, lorsqu'il s'est lait chair pour l'amour de nous. Que reste-t-il maintenant, sinon de vous exhorter avec l'apôtre saint Paul : « Revêtezvous de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Induimini Dominum Jcsum Christum. » Et comment nous en revêtironsnous? « Ayez le même sentiment en vous-mêmes qu'avait le Sauveur Jésus ^ : Hoc sentîte in vohis, quod et in Christo Jcsu' » ; c'est ce qui^ me reste à vous exposer.

Second Point.

Retenez ce que je viens de vous dire, parce que tout ce discours, si je ne me trompe, n'a qu'une même suite de raisonnement ; et comme toutes les parties s'entretiennent, elles demandent une attention plus exacte.

Quand on enseigne aux hommes Cju'il faut modérer leurs désirs, qu'il faut se retrancher et se restreindre, que ce leur est une dure parole ! Nous sommes nés, tous tant que nous sommes, dans une puissante inclination de faire ce qu'il nous plaît. Nous sommes jaloux de notre liberté, disons-nous ; et nous mettons cette liberté à vivre comme bon nous semble, sans gêne et sans contrainte : c'est là tout le plaisir et toute la douceur de la vie. Parlez à un avare, dites-lui qu'il est temps de donner quelques bornes à ce désir insatiable d'amasser toujours : il ne comprend pas ce que vous lui dites ; sa passion n'est pas satisfaite, c'est un abîme sans fin, qui ne dit jamais : C'est assez. Dites à un jeune ambitieux, qui, dans l'ardeur d'un âge bouillant, ne respii-e que les grands honneurs, qu'il faut mépriser les honneurs et qu'il faut se réduire à ce C[ue Dieu voudra ordonner de sa vie et de sa fortune : Ha ! la fâcheuse sentence ! Ainsi en est-il de nos autres désirs. Nous avons tous cela de mauvais, que toutes nos convoitises sont infinies ; et cela vient du (dérèglement de notre esprit, qui n'est pas capable de prendre ses mesures bien justes, ni de vouloir les choses modérément. Nous sommes véhéments

1. Peut-être certaines de ces tra- 3. Tel est le texte de Deforis. On ductions sont-elles de Deforis. attendait plutôt : (( C'est ce qtt'il me

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