S, Xny:.. Si-rm. I.xxi. n. 7s : f;iii. xvill. ii
nem et inter nos et secuin, et per illud donuîn nos coUigere in unum quod ambo habent unuui, hoc est, per Spirituin Sanctum, Deum et donum Dei'^. » C'est donc le Saint-Esprit qui, étant dès l'éternité le lien du Père et du Fils, puis se communiquant à nous par une miséricordieuse condescendance, nous attache premièrement à Dieu par un pur amour, et par le même nœud nous unit les uns aux autres. Telle est l'origine de la charité, qui est la chaîne qui lie toutes choses : c'est ce Dieu charité. Il n'est pas plus tôt en nos âmes, que lui, qui est amour et charité, il les embrase de ses feux, il y coule un amour qui lui ressemble en quelque sorte : à cause qu'il est le Dieu charité, il nous donne la charité. Remplis de cet amour, qui procède du Père et du Fils, nous aimons le Père et le Fils, et nous aimons aussi avec le Père et le Fils cet Amour bienheureux qui nous fait aimer le Père et le l'^ils, dit saint Augustin. Ne vous souvient-il pas de ce que nous disions tout à l'heure, que nous aimons l'amour? C'est le sens profond de cette parole de saint Basile, que nous n'avions pour lors que légèrement effleuré. Ce baiser divin, souvenez-vous que c'est saint Bernard qui appelle ainsi le Saint-Esprit, ce baiser mutuel que le Père et le Fils se donnent dans l'éternité, et qu'ils nous donnent après dans le temps, nous nous le donnons les uns aux autres par un épanchement d'amour. C'est en cette manière que la charité passe du ciel en la terre, du cœur de Dieu dans le cœur de l'hoimne, où, connue dit l'Apôtre", elle est répandue par le Saint-Esprit (jui nous est donné. Par où vous voyez ces deux clioses, que le Saint-Esprit nous est donné, et que par lui la charité nous est donnée ; et partant, il y a en nos cœurs premièrement la charité incréée, qui est le Saint-Esprit, et après, la charité créée, qui nous est donnée par le Saint-Esprit. ])e là vient que ra])ôtre saint Jean, qui a dit r(ue Dieu est charité, dit dans le même endroit « que la charité est de Dieu : earitas ex Deo est^. » Car le Saint-Esprit n'est pas plus tôt dans nos âmes, que, les embrasant de ses feux, il y coule un amour qui lui est en quelque sorte semblable : étant le