F. 116. — Ce sommaire est très ;?. Var. : debout
succinct, parce que les idées reprises 4. Dans le ms.. le texte est en tète
dans ce discours avaient été résn- du second exorde.
leur, elle sait retenir toute sa force et qu'elle se soutient par son propre poids contre tout l'effort de la tempête: sa constance lui donne un nouvel éclat, qui, augmentant la vénération que l'on a pour elle, fait qu'on s'intéresse plus dans ses maux ; on se croit plus obligé de la plaindre en cela même qu'elle se plaint moins ; et on compatit à ses peines avec une pitié d'autant plus tendre, que la fermeté qu'elle montre la fait juger digne d'une condition plus tranquille. Mais si ces deux choses concourant (ensemble ont jamais dû émouvoir les hommes, je ne crains point de vous assurer que c'est dans le mystère que nous honorons. Quand je vois l'âme de la sainte Vierge blessée^ si vivement au pied" de la croix des souffrances de son Fils unique, je sens déjà à la vérité c[ue la nôtre doit être attendrie. Mais quand je considère d'une même vue et la blessure du cœur et la sérénité du visage, il me semble que ce respect mêlé de tendresse, qu'inspire une tristesse si majestueuse, doit produire des émotions beaucoup plus sensibles, et qu'il n'y a ([u'une extrême dureté qui puisse s'empêcher de donner des larmes. Approchez donc, mes Frères, avec pleurs et gémissements, de cette Mère également ferme et affligée, et ne vous persuadez pas que sa constance diminue ^ le sentiment qu'elle a de son mal. Tl faut qu'elle soit semblable à son Fils : comme lui, elle surmonte toutes les douleurs ; mais, comme lui, elle les sent dans toute leur force et dans toute leur étendue ; et Jésus-Christ, qui veut faire en sa sainte mère une vive image de sa Passion, ne manque pas d'en imprimer tous les traits sur elle. C'est à ce spectacle que je vous invite : vous verrez bientôt Jésus en la croix ; en attendant ce grand jour, l'Église vous invite aujourd'hui [à en voir] la peinture en la sainte Vierge'. Peut-être, Messieurs, arrivera-t-il que, de même que les rayons du soleil i-edoublent leur ardeur étant réfléchis, ainsi les douleurs du Fils^ réfléchies sur le cœur de la Mère auront plus de force pour nous