Var. : à sa croix
.Sornioii.'^ (le Bossuet. — II.
goûter, nous a donné le coup de la mort ; ha ! les choses vont être changées, et les douleurs d'un innocent nous rendront la vie.
Paraissez maintenanb. Vierge incomparable, venez prendre part au mystère : joignez-vous à votre Fils et à votre Dieu ; et approchez-vous de sa croix, pour y recevoir de plus près les impressions de ces trois sacrés caractères par lesquels le Saint-Esprit veut former en vous une image vive et naturelle de Jésus-Christ [p. 2] crucifié. C'est ce que nous verrons bientôt accompli, sans sortir de notre évangile : car, mes Frères, ne voyezvous pas comme elle se met auprès de la croix, et de quels yeux elle y regarde son Fils tout sanglant, tout couvert de plaies, et qui n'a plus de figure d'homme? Cette vue lui donne la mort. Si elle s'approche de cet autel, c'est qu'elle y veut être immolée; et c'est là en efi^et qu'elle sent le coup du glaive tranchant, qui, selon la prophétie du bon Siméon, devait déchirer ses entrailles et ouvrir son cœur maternel par de si cruelles^ blessures. Elle est donc auprès de son Fils, non tant par le voisinage du corps que par la société des douleurs : Stahat juxta crucem; et c'est le premier trait de la ressemblance. Vere juxta crucem stahat, quia crucem Filii pra' cœterh Mater majore eu m dolore ferehat'.
Mais suivons l'histoire de notre évangile, et voyons en quelle posture elle se présente à son Fils. La douleur l'a-t-elle abattue, l'a-t-elle jetée à terre" par la défaillance? Au contraire, ne voyez- vous pas qu'elle est droite, qu'elle est assurée? « Slahat juxta crucem: elle est debout auprès de la croix. » Non, le glaive C{ui a percé son cœur n'a pu diminuer ses forces : la constance et l'affliction vont d'un pas égal ; et elle témoigne par sa contenance qu'elle n'est pas moins soumise qu'elle est affligée. Que reste-t-il donc. Chrétiens, sinon que son Fils bien-aimé, qui lui voit sentir ses souffrances et imiter sa résignation'*, lui connnunique encore sa fécondité? C'est aussi dans cette pensée qu'il