‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 295 sur 397 · Yar. : profondes. :!. Var. : jiar terre · texte numérisé non relu

Yar. : profondes. :!. Var. : jiar terre

2. Tract, de Pauf:, Dow., cap. x. 1. ils. : résiliation. int. Oper. S. Bernard.

lui donne saint Jean pour son fils : « Millier, ecce fiUii>i tiius ^ : Fennne, dit-il, voilà votre fils » ; ô femme qui souffrez avec moi, soyez aussi féconde avec moi, soyez la mère de mes enfants, que je vous donne tous sans réserve en la personne de ce seul disciple : je les enfante par mes douleurs; comme vous en goûtez l'amertume, vous en aurez aussi l'efficace, et votre affliction vous rendra féconde. Voilà, mes Frères, en peu de mots, tout le mystère de cette journée', et je vous ai dit en peu de paroles ce que j'expliquerai par tout ce discours avec le secours de la grâce. ]\Iarie est auprès de la croix, et elle en ressent les douleurs ; elle s'y tient debout, et elle en supporte constamment le poids ; elle y devient féconde, et elle en reçoit la vertu. Écoutez attentivement ; et surtout ne résistez pas, si vous sentez attendrir vos cœurs.

Premier Point.

Il faut donc vous entretenir des afflictions de Marie ^ ; il faut que j'expose à vos yeux cette sanglante blessure qui perce son cœur, et que vous voyiez, s'il se peut, encore saigner* cette plaie. Je sais bien qu'il est difficile d'exprimer'' la douleur d'une mère : on ne trouve pas aisément des traits qui nous représentent au vif des émotions si violentes ; et si la peinture y a de la peine, l'éloquence ne s'y trouve pas moins empêchée. Aussi, mes Frères, ne prétends-je pas que mes paroles fassent cet effet : c'est à vous de méditer en vousmême[s] quel était l'excès de son [p. 3] déplaisir. Ha! si vous y voulez seulement penser avec une attention sérieuse, votre cœvn* j^arlera pour moi, et vos propres conceptions vous en diront plus que tous mes discours. Mais afin de vous occuper en cette pensée, rappelez en votre mémoire ce qu'on vous a prêché tant de fois, que comme toute la joie de la sainte Vierge, c'est d'être mère de Jésus-Christ, c'est aussi de là que vient son martyre, et que son amour a fait son supplice.

Page 1