Ibid.. .'55. nel, que
:'.. Var. : je vous prie. 5. Var. : la génération éternelle.
couler dans son sein quelque étincelle de cet amour infini que vous avez pour ce bien-aimé, qui est la splendeur de votre gloire et la vive image de votre substance \ Voilà d'où vient l'amour de Marie : vous étonnez-vous, Chrétiens, si je dis que son affliction n'a point eu d'exemple, et qu'il opère des effets en elle que l'on ne peut voir nulle part ailleurs? Il n'est rien qui puisse produire des effets semblables : amour qui passe toute la nature ; amour tendre, amour unissant, parce qu'il naît du principe de l'unité même ; amour qui fait une entière communication entre Jésus-Christ et la sainte Vierge", coînme il y en a une très parfaite entre Jésus-Christ et son Père. Le Père et le Fils partagent dans l'éternité une même gloire, la Mère et le Fils partagent dans le temps de mêmes souffrances ; [p. 7] le Père et le Fils une même source de plaisirs, la Mère et le Fils un même torrent d'amertume ; le Père et le Fils un même trône, la Mère et le Fils une même croix. Si on brise de coups le corps de Jésus, Marie en ressent toutes les blessures ; si on perce sa tête d'épines, Marie est déchirée de toutes leurs pointes ; si on lui présente du fiel et du vinaigre, Marie en boit toute l 'amertume ; si on étend son corps sur une croix, Marie en souffre toute la violence. Qui fait cela, sinon son amour .^ Et ne peut-elle pas dire dans ce triste état, en un autre sens que saint Augustin: « Amor meus, pondus meum'^ : Mon amour est mon poids ? )) Car, ô amour, que vous lui pesez ! ô amour^ que vous pressez son cœur maternel ! Cet amour fait un poids de fer sur sa poitrine, qui la serre et l'oppresse* si violemment, qu'elle y étouffe jusqu'aux sanglots : il amasse sur sa tête une jîesanteur en cela plus insupportable que la tristesse ' ne lui permet [pas] de s'en décharger par des larmes® : il pèse sur tout son corps incrojablement par une langueur qui l'accable, et dont tous ses membres sont presque rompus. Mais surtout cet amour est un poids, parce qu'il pèse sur Jésus-Christ même : car Jésus n'est pas le seul, en cette rencontre,
.•!. r.,/;/.. lih. XIII. cap. IX.