Yar. : sur moi-même. ô. Yar. : J'ai doue raison de vous
4. Les éditeurs empruntent ici à la dire que si nous pouvons une fois première rédaction ces deux ligues connaître d'où vient la fécondité de effacées : «... ce raisonnement que Marie, nous verrons aussi d'où, vient l'amour de la sainte Yiei'ge, par le- son amour. Yoyons donc la vertu quel elle aime son Fils, est né en qui la rend féconde. Est-ce par une elle de la même source d'où lui est vertu naturelle ?
ne voyez-vous pas qu'elle se condamne elle-même à une stérilité bienheureuse jjar cette ferme résolution de garder sa pureté virginale? « Quomodo fiet istud^? Comment cela se pourra-t-il faire? » Puis-je bien concevoir un fils, moi qui ai résolu de demeurer vierge? Que si elle confesse sa stérilité, de quelle sorte devientelle mère? Écoutez ce que lui dit l'Ange: « Virtus Altissimi obumbrabit tibi' : La vertu du Très-Haut vous couvrira toute. » Il paraît donc manifestement que sa fécondité vient d'en haut, et c'est de là par conséquent que vient son amour.
En effet, il est aisé^ de comprendre que [p. 6] la nature ne peut rien en cette rencontre. Car figurez-vous, Chrétiens, qu'elle entreprenne de former en la sainte Vierge l'amour qu'elle doit avoir pour son Fils ; ditesmoi, quels sentiments inspirera-t-elle ? Pour aimer dignement un Dieu, il faut un principe surnaturel : sera-ce du respect ou de la tendresse, des caresses ou des adorations, des soumissions d'une créature, oa des embrassements d'une mère? Marie aimera-t-elle Jésus- Christ comme homme, ou bien l'aimera-t-elle comme un Homme-Dieu? De quelle sorte embrassera-t-elle en la personne de Jésus-Christ la divinité et la chair que le Saint-Esprit a si bien liées? Ea nature ne les peut unir, et la foi ne permet pas de les séparer : que peut donc ici la nature ? Elle presse Marie à aimer : elle a bien ce qu'il faut pour un fils, mais elle n'a pas ce qu'il faut pour un Dieu ; si bien que ce fils et ce Dieu étant unis si étroitement, parmi tant de mouvements qu'elle cause, elle ne peut pas en trouver un seul qui convienne au Fils de Marie.
Que reste-t-il donc, ô Père éternel, sinon que ^ votre grâce s'en mêle, et qu'elle vienne prêter la main à la nature impuissante? C'est vous qui, communiquant à Marie votre divine fécondité, la rendez mère de votre Fils : il faut que vous acheviez votre ouvrage, et que, l'ayant associée en quelque façon à la chaste génération ^ par laquelle vous produisez votre Verbe, vous fassiez