Var. : contrainte à, son tour de ^. Var. : se rejettent
lui faire sentir les siennes. 4. Vai-. : de quel<iiie côté.
2. Var. : et comme deux miroirs... ô. S. Ang.. Cmif.. lib. IV. cap. iv. ainsi leur douleur...
C'est ce que doit faire en nous la croix de Jésus. Si nous ressentons ses douleurs, le monde ne peut plus avoir de douceiu"s pour nous : les épines du Fils de Dieu doivent avoir arraché ses fleurs, et l'amertume qu'il nous donne à boire doit avoir rendu fade le goût des plaisirs. Heureux mille fois, ô divin Sauveur, heureux ceux que vous abreuvez de votre fiel ! heureux ceux à qui votre ignominie a rendu les vanités ridicules, et que vos clous ont tellement attaché [s] à votre croix, qu'ils ne peuvent plus élever leurs mains ni étendre leurs bras qu'au ciel! Ce sont, mes Frères, les sentiments qu'il nous faut concevoir durant ces saints jours à la vue de la croix de Jésus, [p. 8] C'est là qu'il nous [faut] puiser dans ses plaies une salutaire tristesse ; tristesse vraiment sainte, vraiment fructueuse, qui détruise en nous tout l'amour du monde, qui en fasse évanouir tout l'éclat, qui nous fasse porter un deuil éternel de nos vanités passées, dans les regrets amers de la pénitence. Mais peut-être que cette tristesse vous paraît trop sombre, cet état vous semble trop dur : vous ne pouvez vous accoutumer aux souffrances. Jetez donc les yeux sur Marie ; sa constance vous inspirera de la fermeté ; et sa résignation vous va faire voir que ses déplaisirs ne sont pas sans joie : c'est ma seconde partiel
Deuxième Point.
[P. 9] Pour entendre solidement jusqu'ovi va la résignation de la bienheureuse Marie, il importe que vous remarquiez attentivement qu'on peut surmonter les afflictions en trois manières très considérables, et que vous devez peser attentivement. On surmonte" premièrement les afflictions, lorsqu'on dissipe toute sa tristesse et qu'on en perd tout le sentiment : la douleur est toute apaisée, et l'on est entièrement^ consolé. On les surmonte secondement, lorsque l'âme,
1. Ici venait dans la première ré- exorde. qu'il a rùcrit aprcs tout le
daction, un long passage : (( Il n'est discours,
point de spectacle plus touchant... n 2. Voir page 48;».
L'orateur en a fait sou premiei- 3. Yar. : parfaitement.
encore agitée et troublée du mal qu'elle sent, ne laisse pas de le supporter avec patience ; remarquez qu'elle se résout, mais qu'elle est troublée. On les surmonte en troisième lieu, lorsqu'on ressent toute la douleur, et qu'on n'en ressent aucun trouble. C'est ce qu'il faut mettre dans un plus grand jour.
Au premier de ces trois états, comme toute la tristesse est passée, l'on jouit d'un parfait repos. Au second, l'on combat contre la douleur ; où, quoique l'âme soit victorieuse, elle ne peut être sans agitation dans un combat si opiniâtre. « Au contraire, dit Tertullien *, elle s'émeut elle-même par le grand effort qu'elle fait pour ne se pas émouvoir ; et encore que la faiblesse ne l'abatte pas, elle s'agite par sa résistance, et sa fermeté même l'ébranlé par sa propre contention : In hoc tamen mota ne moveretur, ipsa constantia concussa est ndversus inconstantkc concussionem. » Mais il y a encore un troisième état, où l'on n'arrive point sans un grand miracle, où Dieu donne une telle force" contre la douleur, qu'on en souffre la violence sans que la tranquillité soit troublée. Si bien qu'il y a, au premier état, une telle tranquillité qu'elle guérit toute la douleur ; au second, un sentiment de douleur si vif qu'il empêche la tranquillité ; le troisième semble les unir tous deux, et il joint une extrême douleur avec une tranquillité ^ souveraine.
Mais tout ceci peut-être est confus, et il faut le proposer si distinctement que tout le monde puisse le comprendre. Cette comparaison vous l'éclaircira, et je l'ai prise dans les Écritures. C'est avec beaucoup de raison qu'elle [s] compare [nt] ordinairement la douleur à une mer agitée. En effet, la douleur a ses eaux amères, qu'elle fait entrer jusqu'au fond de l'âme : Quoniam intravcrunt aquse usque ad cniimam mcam^ ; elle a ses vagues impétueuses, qu'elle pousse avec violence : Calamitatcs opprcssenint quasi fluctibus '' ; elle s'élève par ondes, ainsi que la mer ; et lorsqu'on la croit apaijsée, elle s'irrite souvent avec une nouvelle furie. Comme