Var.: Chrétiens, je ne le nie jias. s. I Vny.. vu. 2;i
nos mauvaises inclinations...
effet, ne le sens-tu pas, que tu te jettes dans la servitude, quand tu crains de déplaire aux hommes et quand tu n'oses résister à leurs sentiments, esclave volontaire des erreurs d 'autrui?
Chrétiens, ce n'est pas là notre esprit, ce n'est pas l'esprit du christianisme. Écoutez l'apôtre saint Paul, qui nous dit avec tant de force : « Nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde : Non enim spiritum hujus iimndi acccpimiiK. » Je ne croirai pas me tromper, si je dis que l'esprit du monde, dont parle l'Apôtre en ce lieu, c'est la complaisance mondaine, qui corrompt les meilleures âmes, qui, ruinant peu à peu les malheureux restes de notre vertu cliancelante, nous fait être de tous les crimes, non tant par inclination que par compagnie ; qui, au lieu de cette foi'ce invincible et de cette fermeté d'un front chrétien que la croix doit avoir durci contre toute sorte d'opprobres, les rend ^ si tendres et si délicats que nous avons honte de déplaire aux hommes pour le service de Jésus-Christ. A Ton Sauveur, ce n'est pas là cet Esprit que vous avez aujourd'hui répandu sur nous : « Non enim spiritum Jinjus inundi accepimus, sed Spiritum qvi ex Deo est : Nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde, pour être les esclaves des hommes. » ]\Iais notre esprit, venant de Dieu même, nous met au-dessus de leurs juoenients et nous fait mépriser leur haine ; et c'est la seconde maxime de la générosité du christianisme.
Mais il faut encore s'élever plus haut ; et la troisième, ' qui me reste à vous proposer, va faire trembler tous nos sens et étonner toute la nature : car c'est elle qui fait dire au divin Apôti-e : « Qui est capable de nous séparer de la charité de Notre-Seigneur r Est-ce l'affliction ou l'angoisse? Est-ce la nudité ou la faim, la persécution ou le glaive? Mais nous surmontons en toutes ces choses, à cause de celui qui nous a aimés : In his omnibus superamiis, propter eum qui dilexit nos'.^> Ainsi, que le monde frémisse, qu'il allume par toute la terre le feu de ses persécutions, la générosité chrétienne ^ surmontera sa raue impuissante ; et je comprends aisé-
1. Un front..., les rend (Syllepse). ;i. Var. :respntg;énéreuxdu cliris-