‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 319 sur 397 · Var. : pln.< grand, plus fort que tyranniques · texte numérisé non relu

Var. : pln.< grand, plus fort que tyranniques

le uionde. -4- ^f'./""//- »'" per.'ecxt., :i. 12.

moi, Cluétien, où était ton sang? N'en avais-tu plus dans tes veines, quand tu as été fouiller dans tes coffres ^ pour y trouver le prix honteux de ta lil)ertép Sache qu'étant rachetés par le sang, étant délivrés par le sang, nous ne devons point d'argent pour nos vies, nous n'en devons point pour nos libertés, et notre sang nous doit garder celle que le sang de Jésus-Christ nous a méritée : Sanguine empti, sanguine nnmerati, nulluni nuinmum pro eapite debemns '. (eux qui vivent en cet esprit, ce sont, mes Sœurs, les vrais chrétiens, et ce sont les vrais successeurs de ces hommes incomparables que l'esprit de force remplit aujourd'hui^ : car il est temps de venir à eux et de vous montrer dans leurs actions ces trois maximes que j'ai expliquées.

Et premièrement regardez comme ils méprisent les présents du monde : aussitôt qu'ils sont chrétiens, ils ne veulent plus être riches. Voyez ces nouveaux convertis, avec quel zèle ils vendent leurs biens, et comme ils se pressent autour des apôtres, « pour jeter tout leur argent à leurs pieds : Ponehant ante pedes apostolorum^ .y) Où vous pouvez aisément connaître le mépris qu'ils font des richesses : car, comme remarque saint Jean Chrysostome", judicieusement à son ordinaire, ils ne les mettent pas dans les mains, mais ils les apportent aux pieds des apôtres ; et en voici la véritable raison. S'ils croyaient leur faire un présent honnête, ils [les] ^ leur donneraient dans leurs mains ; mais, en les jetant à leurs pieds, ne semble-t-il pas qu'ils nous veulent dire que ce n'est pas tant un présent qu'ils font, qu'un fardeau inutile dont '^ ils se déchargent? Et tout ensemble n'admirez-vous pas comme ils honorent les saints apôtres? O apôtres de Jésus-Christ, c'est vous qui êtes les vainqueurs du monde ; et voilà qu'on met à vos pieds les dépouilles du monde vaincu, [p. 7] ainsi qu'un trophée magnifique qu'on érige à votre victoire. D'où vient à ces nouveaux chrétiens un si grand mépris des richesses, sinon qu'ils

1. Var. : toi qui vas fouiller dans ô. Jn Act. Apost., Hom. XI, n. 1 : tes coffres, — qui as recours à tes Jn Epist. ad Rom.. Hom. vu, n. f*. coffres. I). Ms. : le.

2. Defug. in persecut., n. 12. 7. Var. : que ee n'est pas un pré- ;>. Var. : en ce jour. sent qu'ils font, mais un fardeau 4. Act.. IV, ."."). inutile dont...

DE LA PENTECOTE. 503

commencent à se revêtir de l'esprit du christianisme, et que l'idée des biens éternels leur ôte l'estime des biens périssables? C'était la première maxime, mépriser les présents du monde.

Je vois (jue vous admirez ces grands honmies, vous êtes étonnés de leur fermeté ; toutefois tout ce que j 'ai dit n'est qu'un faible commencement : nos braves et invincibles lutteurs ne sont pas entrés au combat ; ils n'ont fait encore que se dépouiller, (juand ils ont quitté levu-s richesses : ils vont commencer à venir aux prises^, en attaquant la haine du monde. C'est ici qu'il faut avoir les yeux attentifs.

Certainement, Chrétiens, c'était une étrange résolution que de prêcher le nom de Jésus dans la ville de Jérusalem. Il n'y avait que cinquante jours que tout lé monde criait contre lui : Qu^on Vote, qu'on Vote, qu'on le crucifie ' ! Cette haine cruelle et envenimée vivait encore dans le cœur des peuples ; prononcer seulement son nom, c'était choquer toutes les oreilles : le louer, c'était un blasphème ; mais publier qu'il est le Messie, prêcher sa glorieuse résurrection, n'était-ce pas porter les esjDrits jusqu'à la dernière fureur? Tout cela n'arrête pas les apôtres : Oui, nous vous prêchons, disaient-ils, et que toute la maison d'Israël le sache, que le Dieu de nos pères a ressuscité et a fait asseoir à sa droite ce Jésus que 'vous avez mis en^ croLv'^. Et parce qu'ils avaient cru s'excuser de la mort de cet innocent en le livrant aux mains de Pilate. ils ne levn* dissimulent pas que cette excuse augmente leur faute. Car Pilate, disent-ils, a voulu le sauver, et c'est vous qui l'avez perdu ^. Et voyez comme ils exagèrent leur crime : I'oms avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé la grâce d'un voleur ■et d'un meurtrier, et vous avez fait mourir l'auteur de la vie^. Est-il rien de plus véhément pour confondre leur ingratitude, que de leur mettre devant les yeux toute l'horreur de cette injustice, d'avoir conservé la

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