‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 320 sur 397 · Yar. : Voyons-leur maintenant 2. Joaii., xix · texte numérisé non relu

Yar. : Voyons-leur maintenant 2. Joaii., xix

simnonter sa haine. Ces braves lut- 3. Var. : à la.

teurs se sont dépouillés, ils ont déjà 4. Act., Il, 36.

quitté leurs richesses, ils commen- .">. Ihid.. m. 13.

cent à venir aux prises, et certaine- l'i. /hiil.. 14. l."i. ment. Chrétiens, etc.

vie à celui qui Fôtait aux autres par ses homicides, et tout ensemble de l'avoir ôtée à celui qui la donnait par sa grâce? Et pentlant qu'ils disaient ces choses, combien voyaient-ils d'hommes ii-rités dont la rage frémissait contre eux ! Mais ces grandes âmes ne s'étonnaient pas ; et c'était une des maximes de l'esprit qui les possédait, de ne pas craindre de déplaire aux hommes.

Passons maintenant plus avant, et voyons-leur vaincre les menaces de ceux dont ils ont méprisé la haine ; c'est la dernière maxime. On les prend, on les emprisonne, on les fouette inhumainement ; « on leur ordonne, sous de grandes peines, de ne plus prêcher en ce nom : in nom'me lioc^ : y> car. Messieurs, c'est ainsi qu'ils parlent; en ce nom odieux au monde, et qu'ils craignent de prononcer, tant ils l'ont en exécration ' ! A cela que répondront les apôtres? Une parole toute généreuse : « Non jyossinnus ^ : Nous ne pouvons pas ; nous ne ])Ouvons pas nous taire des choses dont nous sommes témoins oculaires. » Et remarquez ici, Chrétiens, qu'ils ne disent point : Nous ne voulons pas, car ils sembleraient donner espérance qu'on pourrait changer leur résolution ; mais de ])eur qu'on attende d'eux quehjue chose indigne de leur ministère, ils disent tous d'une même voix '^ : Ne tentez pas l'impossible : « Non possumiis : Nous ne pouvons pas. » C'est ce qui confond leurs juges iniques.

C'est ici que ces innocents font le procès à leurs -propres juges, qu'ils effrayent ceux qui les menacent, et qu'ils abattent ceux qui les frappent ^ : car écoutez ces juges iniques, et voyez comme ils parlent entre eux dans leur criminelle assemblée. « Quid fnciemiis hominihus istis^f Que pouvons-nous faire à ces hommes? » Voici [p. 8] un spectacle digne de vos yeux : dès la première prédication, trois mille hommes viennent aux apôtres ; et, touchés de pénitence, leur disent : « Nos chers Frères, que ferons-nous? Quid facîemii^, vin frntres '' ? » D'autre part, les princes des prêtres, les scribes et les pharisiens

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