‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 332 sur 397 · Var. : de leur condition mor- dans le sein de la terre · texte numérisé non relu

Var. : de leur condition mor- dans le sein de la terre

telle. 4. II Reg., xiv, 14. Bossuet écrit

3. Job, I, 21. Deforis ajoute la ctcut nu lien de quasi. — Yoirlemétraduction : .Te suis sorti nu du ven- me développement, p. 527.

fait, comme des fleuves, un peu plus de bruit les uns que les autres, ils se vont tous enfin perdre et confondre dans ce gouffre infini de la mort ou du néant, où Ton ne trouve plus ni Césai-, ni Alexandre, ni tous ces augustes noms qui nous séparent, mais la corruption et les vers, la cendre et la pourriture, qui nous égalent.

Impossibilité à la nature de se discerner dans la vie et dans la mort. La seule puissance de Dieu le peut faire, comme maître de la natiu'e. [Il] l'a fait pour Marie : en sa mort, par amour, conservant son corps; en sa naissance, par les avantages qui nous y paraissent, et que j'ai à vous expliquer.

Deux choses discernent les hommes ; le bien qu'ils reçoivent, et le bien qu'ils font : le premier honore leur abondance ; le second, leur libéralité. Reconnaissons donc la naissance de la sainte Vierge miraculeusement discernée des autres par les biens qu'elle y a reçus et par ceux qu'elle nous apporte. Deux points.

Premier Point.

Comme l'homme est composé de deux parties, il }■ a aussi deux sources générales de tous les biens qu'il peut recevoir en sa naissance ; l'une, ce sont les parents ; et l'autre, c'est Dieu. Car nous ne recevons que nos corps par le ministère de nos parents; mais l'âme est d'un ordre supérieur, et elle a cet avantage qu'aucune cause naturelle ne la peut produire. Elle demande les mains de Dieu, et ne souffre pas un autre ouvrier : si bien que les causes secondes ne font que préparer la demeure à cette âme d'une origine céleste; et après qu'elles ont disposé cette boue du corps, Dieu inspire le souffle de vie, c'està-dire l'âme faite à son image, pour conduire et pour animer cette masse : de là donc ces deux sources. Voyons ce que Marie tire de l'une et de l'autre.

Pour cela, il faut entendre avant toutes choses quels étaient les parents de Marie. Pieux, chastes, charitables, vivant sans reproche dans la voie de Dieu. Il semble que cette sainteté s'arrête en ceux qui la possèdent, et qu'elle ne coule pas en leurs descendants : néanmoins il faut avouer que ce leur est un grand avantage.

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