Edit. : >ans Favoir prévue
Sermons lie Bojsuet.— n. 34
Et premièrement ^, Chrétiens, c'est déjà un grand avantage qu'il ait plu à notre Sauveur de naître d'une race illustre par la glorieuse union du sang royal et sacerdotal dans la famille d'où il est sorti : Rcgnm et sacerdotum clara progenies^. Pour quelle raison, lui qui a méprisé toutes les autres grandeurs humaines, etc. ? Non multi saplcntes, non nndti nobiles' ; Jésus-Christ l'a* voulu être. Ce n'était pas pour en recevoir de l'éclat ; mais plutôt pour en donner à tous ses ancêtres. Il fallait qu'il sortît des patriarches, pour accomplir en sa personne toutes les bénédictions qui leur avaient été annoncées. Il fallait qu'il naquît des rois de Juda pour conserver à David la perpétuité de son trône, fjue tant d'oracles divins lui avaient promise.
Louer en un gentilhomme chrétien ce que Jésus- Christ même a voulu avoir. Peu de choses ; sujet trop profane. Néanmoins d'autant plus volontiers, qu'il y a quelque chose de saint à traiter. Je ne dirai point ni les grandes charges qu'elle "* a possédées, ni avec quelle gloire elle a étendu ses branches dans les nations étrangères, ni ses alliances illustres avec les maisons royales de France et d'Angleterre ; ni son antiquité, qui est telle que nos chroniques n'en marquent point l'origine. Cette antiquité a donné lieu à plusieurs inventions fabuleuses par lesquelles la simplicité de nos pères a cru [p. 5] donner du lustre à toutes les maisons anciennes ; à cause que leur antiquité, en remontant plus loin aux siècles j^assés dont la mémoire est toute effacée, elle ^ a donné aux hommes une plus grande liberté de feindre. La hardiesse humaine n'aime pas à demeurer court ; où elle ne trouve rien de certain, elle invente. Je laisse toutes ces considérations profanes, pour m 'arrêter à des choses saintes.
1. Passage que rauteiir a souligné ô. Sa famille. — Ce mot n"e?t pas plus tai-d. :iii manuscrit, mais le sens le cle-