Cette partie du manuscrit est aujoui-d'hui perdue
en soit offensée. C'est pour cette raison, Madame, que je supplie Votre Majesté de permettre <[ue je publie hautement les soun)issions (|ue je rends aux commandements que j"ai reçus d'elle. Il lui plaît' d'ouïr de ma bouche le panégyrique du grand saint Joseph ; elle m'ordonne de rappeler en mon souvenir des idées que le temps y avait effacées". J'y aurais de la répugnance, si je ne croyais manquer de respect en rougissant de dire ce que Votre Majesté veut entendre. Il ne faut donc point étudier d'excuses; il ne faut point se plaindre du peu de loisir, ni peser soiuneusement les motifs pour lesquels \ otre [Majesté me donne cet ordre. L'obéissance est trop curieuse, qui cherche les causes du commandement ; il ne lui appartient pas d'avoir des yeux, si ce n'est pour considérer son devoir ; elle doit chérir son aveuglement, qui la fait marcher avec sûreté. Votre Majesté verra donc Joseph dépositaire du Père éternel : il est digne de ce titre auguste, auquel il s'est préparé par tant de vertus. Mais n'est-il pas juste, Madame, qu'après vous avoir témoigné mes soumissions, je demande à Dieu cette fermeté qu'il promet aux prédicateurs de son Évangile, et qui, bien loin de se rabaisser devant les monarques du monde, y doit paraître avec plus de force? Je m'adresse à vous, divine Marie, pour m 'obtenir de Dieu cette grâce : j'espère tout de votre assistance, lorsque je dois célébrer la gloire de votre époux. Ave, Maria.
[Voij. Je second exorde et le corps du discours, pniir lesquels aucune correction ne fut ajoutée au mantiscrit, ci-dessus, p. 121 et seq.]
Péroraison \
Madame, cette grandeur qui vous environne empêche sans doute \ otre Majesté de pouvoir goûter avec
1. Var. : Elle a la bonté de von- des idées que le temps avait effacées, loir entench-e ce que Dieu m'a iu- il semble que Voti-e Majesté m'ait spivé autrefois dans une occasion voulu ôter le loisii- d'y joindre de pareille. nouvelles pensées, n — Première
2. (( Et trouvez bon. Madame, que rédaction abandonnée, mais qui nous je dise avec tout le respect que je conserve un ciuieux détail sur l'indois, que. me donnant à peine deux vitation tardive faite à Bossuet. jours pour rappeler à mon sonvenir .S. Cette nouvelle iiéroraison dut
Jésus-Christ cette obscurité bienheureuse. Votre vie est dans la lumière, votre piété perce les nuages dans lesquels votre humilité veut l'envelopper. I.es victoires de notre grand roi relèvent Péclat de votre couronne ; et ce qui surpasse toutes les victoires, c'est qu'on ne parle plus par toute la France que de cette ardeur toute chrétienne avec laquelle \ otre Majesté travaille à faire descendre la paix sur la terre, d'où nos crimes l'ont bannie depuis tant d'années, et à rendre le calme à cet État, après en avoir soutenu toutes les tempêtes avec une résolution si constante. Parmi tant de gloire et tant de grandeur, quelle part peut prendre Votre Majesté à l'obscurité de Jésus-Christ et aux opprobres de son Évangile? Puisque le monde s'efforce à lui donner des louanges, où pourra-t-elle trouver de l'humiliation, si elle ne la prend d'elle-même? C'est, Madame, ce qui oblige Votre Majesté, lorsqu'elle se retire avec Dieu, de se dépouiller à ses pieds de toute cette magnificence royale, qui aussi bien s'évanouit devant lui ^, et là, de se couvrir humblement la face de la sainte confusion de la pénitence. C'est trop flatter les grands que de leur persuader qu'ils sont impeccables : au contraire, qui ne sait jias que leur condition éminente leur apporte ce mal nécessaire, que leurs fautes ne peuvent presque être médiocres? C'est, Madame, dans la vue de tant de périls que \ otre Majesté doit s'humilier : tous les peuples loueront sa sage conduite dans toute l'étendue de leurs cœurs: elle seule s'accusera, elle seule se confondra devant Dieu, et participera par ce moyen aux opprobres de Jésus-Christ, pour participer à sa gloire, que je lui souhaite éternelle. Amen.
remplacer l'ancienne, et non pas cette phrase ^p. 144) : « Prenons-y
l'allonger, comme dans toutes les donc part avec eux et cachons-nous
(.■ilitions. Je suppose qu'elle se re- avec Jésus-Christ. ))
nouait à l'ancien discours, après 1. Yar. : ne sert de rien.
Seruioii- lie lio^-nct. — II.
ESQUISSE D'UN SERMON DE CHARUrÉ,
à l'Hôpital général, le jour de la Compassion. 1659.
Cette esquisse, ou plutôt ce canevas a été singulièrement mutilé dans les éditions. T^e manuscrit i présentait, à vrai dire, une grande difficulté d'interprétation. Il a été rédigé à trois reprises, et se compose 1° d'extraits des Pères, en latin, distribués en vue des trois points dii discours : en tête est placée la division, en français ; 2° d'une éliaiiche de quelques lignes, en français, contenant en germe un cxorde, et quelques aperçus pour le corps du sermon : 3° d'additions, plus développées que le reste, dont cependant on chercherait en vain le premier mot dans l'édition Lâchât et chez les autres éditeurs : elles sont inspirées par des réminiscences de saint Cyprien et de saint Grégoire de Nazianze.
La seconde de ces rédactions devait nous servir, comme à l'auteur, de noyau auquel nous rattacherions les notes préliminaires ou additionnelles.
La destination de l'œuvre nous est aussi indi(juée par Bossuet lui-même. On lit en marge sur la feuille enveloppante : Compassion de la sointe Vierge, Sernuni à l'Hôpital général. Ces mots remplacent ceux-ci : Sermon à la Pitié, écrits d'abord par l'auteur. Le titre, en effet, n'est pas contemporain de l'œuvre, mais ajouté à l'époque des sommaires, ainsi que la distribution de tout le canevas eu huit numéros. A la même époque, Bossuet résuma le tout, en ajoutant h la suite du sonnuaire du premier sermon (celui de 1658) ce seul mot: II. Flôpital général. Aumônes: pauvres.
Compassion. — Hôpital général. — (Division.) 1° Jésus-Christ " souffrant dans les pauvres ; 2" abandonné dans les pauvres ; 3° patient dans les pauvres.
(Exorâe.) Jésus-Christ^ souffre pour l'expiation des péchés en lui-même : dans les i)auvres, en s 'appliquant. On s'applique la croix [en] y participant, en recevant les pauvres, en donnant. Abandonné des hommes, de Dieu même. Guérir les blessures de Jésus-Christ dans les pauvres. Pauvres, victimes du monde.
1. Ms. fi'. 1282;i. f. Irt;i-U17. :>. LacluiT f.it commencer ici le
2. Sur la première fenille (f. IGJi). premier point ; d"où une confusion (tout le reste est couvert de textes inextricable dans tout ce qui suit, latins (N'«I, II. III, lY).
En Jésus-Christ, nul péché et tous les péchés ; nulles misères et toutes les misères. Diviserunt sihi vestimcnta mea, et super vestem [meam rniserunt wrtem] '. Vous jouez les habits des pauvres, vous partagez entre vous les habits des pauvres et la nourriture des pauv7-es. In siti mea potaveriint me aceto^ ; quand on les rebute, qu'on les traite mal, et celles qui se sacrifient pour quêter pour eux.
Abandon nement de Jésus-Christ : ses disciples, figure d'un autre abandonnement spirituel ; qu'on ne profite point de la Passion de Jésus-Christ. Tous les hommes devraient être aux pieds de la croix pour recueillir ce sang, et empêcher qu'il ne tombe à terre : ainsi des pauvres, pour profiter de leurs larmes, recueillir leurs sueurs, les aider à porter leurs croix.
On va ériger le Calvaire dans toutes les églises, rouvrir ^ les plaies du Fils de Dieu : image, en attendant, en la sainte Vierge et dans les pauvres. Pauvres de Jésus-Christ, mes très chers et mes très honorés frères, à vous la parole.
En Jésus-Christ, Passion : en Marie, compassion. Partout où je vois Jésus-Christ souffrant, je vois Marie compatissante. Il souffre en lui, dans les pauvres : Marie, elle voit dans les pauvres Jésus-Christ souffrant. Elle a vu son Fils abandonné : notre dui'eté lui fait voir .Jésus-Christ abandonné dans les pauvres. Sa consolation était qu'elle voyait Jésus-Christ patient: ha! plût à Dieu, mes Frères, qu'elle voie Jésus-Christ patient dans les pauvres !
Premier Point.
Jésus-Christ souffrant dans les pauvres. Image de la Passion dans l'Eucharistie ; dans les pauvres. Saint Chrvsostome : Calicem^ mcwu tene.t, de quo Chrishis pototiirus est. Snli sacenloti fn.<< est calicem tibi prœhere. Cogita eiii potuDi des : tu laïcus ftacerdos factus