Ps. xxili, 2. Cette application 2. Jud., i
est en réalité de saint Augustin, ;!. Ps. Lxxxvi. H.
Enarr. in Ps. xxiii. 2. 4. Ps. LXXXVi. 1.
de sa discipline. Et comme le fondement de l'Église n'est point différent de sa discipline, je ne m'étonne pas si ce grand cardinal tâche à réparer ses brèches par la discipline sévère qu'il y fait observer. Ah ! Chrétiens qui êtes enrôlés en cette sainte confrérie, apprenez à ne jamais rien craindre. Quand les prédicateurs vous prêchent la sévérité de cette discipline, ne pensez pas qu'ils prétendent l'établir par une pensée ambitieuse. Loin de ces sentiments injurieux, Jésus-Christ a donné cette discipline à son Église pour réprimer les crimes qui se commettent. C'est lui qui, ayant permis qu'elle fût agitée par les flots de l'impiété et de l'hérésie, a en même temps élevé cette digue spirituelle pour empêcher que toute la terre n'en fût inondée. C'est pour cela que saint Charles, dont nous honorons la mémoire, établit la discipline ecclésiastic[ue pour réprimer l'iniquité, lorsqu'elle règne davantage sur la terre. Il entreprend de réprimer les désordres qui se commettaient dans l'Église, mais il n'en pourrait venir à bout qu'en soutenant jusqu'à la mort la discipline ecclésiastique. Il veut réformer son Chapitre soutenu hautement par les puissants et par le gouverneur même de la ville. Il défend hautement l'observance des lois qui vont contre la gloire de Dieu; il n'épargne ni les puissants, ni le gouverneur, quand ils font quelque chose contre la loi de Dieu. Tous se soulèvent contre lui ; lui se soulève contre tous, résolu de venger le tort qu'ils faisaient à Dieu ou de perdre la vie ; résolu de mourir aux pieds des bourreaux ou d'abattre au pied de la croix tous les vices et tous les désordres et toutes les abominations.
Vous jugez bien. Messieurs, que cet homme ne vivra plus longtemps, puisqu'il est tout seul. Car que prétend-il faire, a^ant tout le monde contre lui? Ne devrait-il pas bien penser que la prudence humaine lui prescrit toute autre chose que ce qu'il fait ? Ah ! la prudence humaine lui défend d'entreprendre d'autres affaires que les siennes propres. Elle ne peut pas souffrir qu'une persomie fasse quelque chose que pour ses propres intérêts, et regarde comme imprudents ceux qui travaillent pour d'autres que pour eux-mêmes. Mais la prudence du ciel inspire bien d'autres mouvements ; elle
se moque de cette prudence humaine qui ne songe qu'à se procurer^... un bannissement et jamais un véritable retour. Une prudence toute céleste lui inspire de troubler les consciences dans ce lieu d'exil. Et ne vous imaginez pas que les menaces des grands le puissent empêcher ; toute leur résistance est inutile, et il dit, avec saint Augustin, que, quoique les tempêtes de l'impiété et de l'hérésie se soulèvent contre lui, jamais elles n'abattront la puissance de Jésus-Christ dans son Église: non ihit major inimîcus Christi^. Tout le monde se bande contre lui. Hé! les prédicateurs apostoliques qui entreprennent d'un cœur intréî)ide la défense de Jésus- Christ sont ordinairement traversés de la sorte, et je ne m'étonne pas que le monde n'a point de force qu'il n'oppose aux desseins de ce grand homme. On lui oppose la force du prince et l'intérêt de l'État. Les ministres du roi d'Espagne publient partout qu'il avait dessein d'enlever sa couronne et de se faire roi. On lui fait les mêmes reproches qu'à saint Ambroise; on l'accuse de couvrir du masque de la piété et de la dévotion son orgueil et sa superbe afin de gagner les cœurs du peuple. Vains prétextes de religion ou d'asile pour l'État ! malicieuse tromperie ou vaine ambition ! se peut-il faire que jamais vos injustes prétentions [se] puissent appliquer sur une intention aussi juste que celle du grand saint Charles Borromée, dont tout le dessein n'est que d'instruire, tout le désir que de faire du bien, et toute la force que de soutenir^! C'est là la force ecclésiastique, c'est là l'autorité d'un grand pontife. Saint Ambroise sentait en lui-même une telle force. n se plaît donc, comme son prédécesseur, à être accusé de sédition et de tyrannie, et il dit hautement ■* : Oui donc, « nous avons notre tyrannie : Hahemtis tyrannidem nostram. » Mais quelle est cette tyrannie ? « Tyrannis sacerdotum înfirmitas est. Ah ! la tyrannie des prêtres, c'est leur faiblesse et leur infirmité. » Car, comme dit saint Paul, « c'est pour lors que nous sommes plus forts quand nous sommes plus faibles : cum enim infirmor,
1. Le sténographe ou le copiste ;>. Soutenir, avec ce sens, tombé a ici oublié des mots ou un membre en désuétude : avoir de la constance de phrase. à souffrir quelque chose.