‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 380 sur 397 · S. Aug'.. Knarr. in /'.v. CXLII l. 4. h'pixf. .\"X · texte numérisé non relu

S. Aug'.. Knarr. in /'.v. CXLII l. 4. h'pixf. .\"X

tune potens sum (II Cor., xii, 10). » «J'ai des armes, dit ce grand saint, pour me défendre : Haheo arma. » Alais quelles sont ces armes ? « Haheo offerendi corporis mei potestatem. (^'est le pouvoir que j'ai d'offrir mon corps » pour être la victime de Jésus-Christ. Voilà donc les armes de saint Charles Borromée ; voilà sa puissance, voilà sa force. Ce n'est pas une intrigue pratiquée dès longtemps, ce n'est pas une puissance heureusement ménagée, c'est une puissance inhérente à lui-même. Car, .s'il est fort, il n'est fort que par lui-même, puisqu'il est tout seul. S'il est redoutable, il est tout seul et partant il l'est par soi-même. Cependant il fulmine contre les ministres de l'Ëglise et de l'État qui osèrent entreprendre contre sa discipline sacrée. Chacun l'avertit de se cacher et de se donner de garde de ses ennemis. Mais il répond en même temps avec saint Ambroise: De quelle garde me parlez-vous? «J'ai une garde invisible en la personne des pauvres, haheo defensionem in pauperes \ » Ce sont ces boiteux, ces vieillards et ces languissants qui font toute ma force et toute ma défense : « Cseci et débiles robustis et bellatoribus fortiores snnt ; ces aveugles et ces infirmes sont plus forts que les plus puissants guerriers. » Voilà la force de saint Charles Borromée. Voilà son autorité; voilà sa puissance. C'est ainsi qu'il combat pour la discipline ecclésiastique dans l'espoir du martyre. Mais il ne plut pas à Dieu qu'il tombât sous les mains de ses ennemis. Il a voulu épargner son sang pour un plus auguste office. Car, après avoir dompté tous les rebelles et converti tous les impies et une grande quantité d'hérétiques, ne peut-il pas dire avec saint Paul: « Ergo mors operatur in nohis, vita autem in vohis ^ ? Ah ! la mort opère en nous, mais notre mort est cause de votre vie. » Ah ! qui me donnera ce bien que ce grand cardinal revienne encore un coup pour établir la pénitence, qui n'est pas seulement abattue, mais qui est entièrement perdue et anéantie? Nous sommes dans un temps où l'Église est arrivée au dernier relâchement. Le nombre des chrétiens croît, mais sa discipline se relâche. I/Église fait comme cet homme

1. ïitrm. contra Auxentium. 33, in f^BTporte-.sedin orationihuspauperuin. ^jB«s(. XXI. Le texte de saint Ambroi- 2. II Cor., iv, 12.

qui lit un banquet et qui n'y reçut pas seulement les conviés, mais qui y laissa entrer encore beaucoup de surnuméraires: Midtiplicati sunt super numerum^. Ces surnuméraires qui sont entrés dans l'Église, ce sont ces âmes vicieuses, ces personnes adonnées aux crimes, dont saint Paul défend de ne point parler ^ ; enfin ces surnuméraires ont renversé par terre la digue toute céleste de la discipline ecclésiastique. On ne peut plus maintenant compter les méchants, tant le nombre en est grand ! On ne les peut plus retrancher de l 'Eglise, tant ils sont forts ! Saint Charles Borromée avait considéré le clergé comme une digue forte et puissante pour l'opposer au torrent des méchants, et c'est pour cela qu'il l'avait procuré par l'assemblement du concile de Trente pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique. Mais qui ne voit qu'elle est maintenant toute renversée? Ce qui reste néanmoins de cette discipline sacrée, nous le devons au zèle infatigable de ce saint Cardinal, qui en.,.^ de saints écrits. Mes Frères consacrés à l'Église, dévorons ses livres, méditons ses livres. Ah ! ses livres sont les règles primitives de notre ordre, et nous devons les dévorer, si nous voulons résister aux secousses des méchants. Alors nous serons forts comme une armée rangée en bataille et nous serons soutenus par la force de cette digue toute céleste et par l'autorité ecclésiastique, sans laquelle on ne peut pas résister à l'iniquité de Satan. Mais, afin que cette discipline ecclésiastique ne nous paraisse jamais ennuyeuse^ animons-nous de la charité pastorale pour secourir les pauvres dans leurs nécessités et dans leurs besoins, à l'exemple du grand cardinal Borromée. Donnez-moi encore un moment d'audience. J'achève en peu de paroles.

Troisième Point.

Ce ne sont pas seulement les ennemis de la discipline ecclésiastique, ce sont encore tous les pauvres malheureux qui persécutent ce saint archevêque, et, de toutes les persécutions, celle-ci lui est la plus sensible. Dans ';

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