‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 86 sur 397 · Var. : il n'y a plus. au bout de son fonds · texte numérisé non relu

Var. : il n'y a plus. au bout de son fonds

;î. Joan., I, 11. 7. Var. : de ses douleiu-s.

cernent, et il passe sa vie dans de continuelles appréhensions des maux qui lui sont préparés.

Est-ce assez pour éprouver sa fidélité? Chrétiens, ne le croyez pas ; voici encore une plus étrange épreuve. Si c'est peu des hommes pour le tourmenter, Jésus devient lui-même son persécuteur : il s'échappe adroitement de ses mains, il se dérobe à sa vigilance, et il demeure trois jours perdu. Qu'avez-vous fait, fidèle Joseph? Qu'est devenu le sacré dépôt que le Père céleste vous a confié ? Ha ! qui pourrait ici raconter ses plaintes? Si vous n'avez pas encore entendu la paternité de Joseph, voj-ez ses larmes, voyez ses douleurs, et reconnaissez qu'il est père. Ses regrets le font bien connaître, et Marie a raison de dire, à cette rencontre : « Pater tuus ci ego dolentes qiuvrebamus te ^ : Votre père et moi vous cherchions avec une extrême douleia*. » O mon Fils ! dit-elle au Sauveur, je ne crains pas de l'appeler ici votre père, et je ne prétends pas faire tort à la pureté de votre naissance. Il s'agit de soins et d'inquiétudes, et c'est par là que je puis dire C|u'il est votre père, puisqu'il a des inciuiétudes vraiment paternelles : Ego et pater tuus ; je le joins avec moi par la société des douleurs.

Voyez, Fidèles, par quelles souffrances Jésus éprouve la fidélité, et comme il ne veut être qu'avec ceux qui souffrent. Ames molles et voluptueuses, cet enfant ne veut pas être avec vous ; sa pauvreté a honte de votre luxe, et sa chair destinée à tant de supplices ne peut supporter votre extrême délicatesse. Il cherche ces forts et ces courageux qui ne refusent pas de porter sa croix, qui ne rougissent pas d'être compagnons de son indigence et de sa misère. Je vous laisse à méditer ces vérités saintes, car, pour moi, je ne puis vous dire tout ce que je pense sur ce beau sujet. Je me sens appelé ailleurs, et il faut que je considère le secret du Père éternel, confié à l'humilité de Joseph : il faut que nous voyions Jésus-Christ caché, et Joseph caché avec lui, et que nous nous excitions par ce bel exemple à l'amour de la vie cachée.

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