‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 94 sur 397 · PREMIER SERMON SUR LA PROVIDENCE · texte numérisé non relu

PREMIER SERMON SUR LA PROVIDENCE

Prêché à Dijon, en la Sainte-Chapelle,

devant le duc Bernard d'Epernon, gouverneur de Bourgogne,

le IIP dimanche après Pâques, 7 mai 1656.

C'est à l'érudition de M. Floquet (Études..., t. I, p. 379-391) qu'est due la révélation de tous les détails que nous venons d'énoncer. Par suite d'une erreur, qui remontait au premier éditeur, on voulait que ce sermon ^ eût été prononcé devant Condé.

La question de la Providence est introduite dans ce discours sous la forme d'une réponse à une objection des impies. Elle sera reprise en 1662 (10 mars) , pour être traitée à fond dans le Carême du Louvre.

Nous changerons peu de chose ici au texte donné par ^L Gandar dans son Choix de sermons. Nous reproduirons même .quelques-unes de ses notes ; quelques-unes seulement : car autre chose est une édition pour les classes, autre chose ime édition pour le grand public.

SoMMAïKE 2 : Mundits gaudehit. Pourquoi les méchants heureux.

(Avant-propos.) Vanité de la joie. Risum reputavl errorem. Tristesse chrétienne. Tristes eritis. (Ace.)

(Exorde.) Libertins ne veulent point de Providence (p. 2).

Stoïciens, qui disent que le sage est lui-même sa félicité.

Premier point. Quelques gens de bien heureux. — Les vices plus heureux, et pourquoi. — Vertu : sa médiocrité peu agissante (P- 5-6).

Tout est réglé : ergo a fortiori l'homme, qui est son image (p. 6). — Il faut regarder par un certain point. Comparaison (p. 7). — Discernement réservé au jugement général. — En attendant, l'arbre mort et l'arbre vivant paraissent égaux durant l'hiver^. Comparaison (p. 7). — Attendre la résurrection (p. 7).

Dieu ne précipite pas ses conseils, parce que la précipitation, c'est le propre de la faiblesse, qui dépend des occasions. Tertullien (Apologet.). — La sagesse n'est pas à faire promptement les choses, mais à les faire dans le temps (p. 8).

Biens purs, et biens mêlés : purs, pour le siècle à venir, où se fera la séparation ; mêlés, pour celui-ci, où tout est dans le mélange. Vini meri plenns mixto (p. 9).

1. Ms.fr. 12824. f. 119-128, in-fo. ."î. Bo.¥snet a d'abord écrit: le

2. A ce sommaire est joint, sur le printemps, par distraction. Conigé même f", celui des Zizanies (1652). plus tard.

Patience de Dieu, prouve la sévérité de son jugement (p. 9- 10). — Prospérité des impies est ime peine: Imaginem illorum ad nihilum redigoi (p. 10).

Deuxième point. Trois sources de doideurs. — Toutes médicinales (p. 11-13).

Appétits de malades, ne doivent pas être rassasiés. — Utile de troubler les pécheurs dans leurs plaisirs (p. 13) .

Ancre, espérance. Comparaison (p. 13).

Puisque la vertu combat, donc elle sera un jour paisible; parce qu'on ne fait la guerre que pour la paix (p. 13).

Bons, ne sont pas confondus avec les méchants, quoique souffrant mêmes choses. Vicibiis disposita res est (p. 13-14).

Herbe rampante, oses-tu, durant l'hiver, te comparer à l'arbre fruitier, parce que tu conserves ta verdure (p. 13) .'

Mxnidus gaudehit, vos autem contristahimini ; sed tristitia restra vertetur in gaudium.

(Joan., XVI, 20.)

De toutes les passions qui nous troublent, je ne crains point, Fidèles, de vous assurer que la plus pleine d'illusion, c'est la joie, bien qu'elle soit la plus désirée; et le Sage n'a jamais parlé avec plus de sens que lorsqu'il a dit dans l'Ecclésiaste qu'il réputait le ris une erreur, et que la joie était une tromperie : Risum reputavi errorem \ Et la raison, c'est, si je ne me trompe, que, depuis la désobéissance de l'homme, Dieu a voulu retirer à lui tout ce qu'il avait répandu de solide contentement sur la terre dans l'innocence des commencements : il l'a, dis-je, voulu retirer à lui pour le rendre un jour à ses bienheureux ; et que la petite goutte de joie qui nous est restée d'un si grand débris n'est pas capable de satisfaire une âme dont les désirs ne sont point finis, et qui ne se peut jamais reposer qu'en Dieu. C'est pourquoi nous lisons dans notre évangile que Jésus laisse la joie au monde comme un présent qu'il estime peu : Mundus gaudcbit ; et que le partage de ses enfants, c'est une salutaire triste.sse, qui ne veut point être consolée par les plaisirs que le monde cherche : vos autem contristahimini.

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