Victime de l'inimitié per.=on
nelle du cardinal de Richelieu, et 4. Apolog.. n. 40.
par ses ordres condamné à mort, le
blasphème. Mais de toutes ses perfections infinies, celle qui a été exposée à des contradictions plus opiniâtres, c'est sans doute cette providence éternelle qui gouverne les choses humaines. Rien n'a paru plus insupportable à l'arrogance des libertins, que de se voir continuellement observés par cet œil toujours veillant de la providence divine ; il leur a paru, à ces libertins, que c'était une contrainte importune de reconnaître qu'il y eût au ciel une force supérieure qui gouvernât tous nos mouvements, et châtiât nos actions déréglées avec une autorité souveraine. Ils ont voulu secouer le joug de cette Providence qui veille sur nous, afin d'entretenir dans l'indépendance une liberté indocile, qui les porte à vivre à leur fantaisie, sans crainte, sans retenue ^ et sans discipline.
Telle était la doctrine des épicuriens, laquelle, toute brutale qu'elle est, tâchait de s'appuyer sur des arguments; et ce qui paraissait le plus vraisemblable, c'est la preuve qu'elle a tirée " de la distribution des biens et des maux, telle qu'elle est représentée dans notre évangile : Le inonde se réjouira, dit le Fils de Dieu ; et vous, mes disciples, vous serez tristes^. Qu'est-ce à dire ceci, Chrétiens? Le monde, les amateurs des biens périssables ,les ennemis de Dieu seront dans la joie : encore ce désordre est-il supportable ; mais vous, ô justes, ô enfants de Dieu, vous serez dans l'afHiction et dans la tristesse ! C'est ici que le libertinage s'écrie que l'innocence ainsi opprimée rend un témoignage certain contre la providence divine, et fait voir que les affaires humaines vont au hasard et à l'aventure.
[P. 3] Ha ! Fidèles, qu'opposerons-nous à cet exécrable blasphème, et comment défendrons-nous contre les impies les vérités '^ que nous adorons ? Écouteronsnous les amis de Job, cjui lui soutiennent qu'il est coupable, parce qu'il était affligé, et que sa vertu était fausse, parce qu'elle était exercée? Quand est-ce que l'on a vti, disaient-ils, que ^ les gens de hien fussent