PREMIER DIMANCHE
mort, et nous la rendre chaque jour plus présente : Mortem de proximo nôrit ^. Jeûner, c'est sacrifier toute sa vie dans les objets qui peuvent contribuer à l'entretenir, et dont on se prive par un esprit de pénitence. Dans ce sacrifice, l'homme est lui-même la victime qu'il offre à son Dieu. Pour nous y disposer, l'Église, à ces heures de silence où l'on offre les premiers vœux dans la tranquillité de la nuit, exhorte tous ses enfants à user avec plus de retenue des paroles, des aliments, du sommeil et des plaisirs : IJtamur ergo parciiis verhis, cihis et potihus, somno, jocis^. Par là, elle nous fait assez sentir que le vrai jeûne consiste dans un retranchement général, non seulement de tout ce qui peut flatter la nature, mais encore de tout ce qui n'est pas absolument nécessaire pour le soutien de la vie ; et qu'en un mot, il est établi pour nous conduire à cette parfaite circoncision qui fait le caractère de la vie spirituelle.
Troisième Point.
C'est ainsi que nous pourrons entrer dans l'exercice de vaincre les tentations. Pour y réussir, il est nécessaire de connaître la force et la puissance du démon. Il peut non seulement transporter les corps, mais agir encore sur l'imagination, exciter au dedans des mouvements déréglés, y remuer les passions, porter le trouble jusqu'au fond de notre âme, et mettre tout en désordre, si Dieu le lui permet. Et qui ne sera frappé d'étonnement et de frayeur, quand on voit ce que Notre-Seigneur lui a permis d'exécuter sur sa personne même? Mais c'était pour le vaincre. Ma confiance est que a c'est des peines et des souffrances mêmes par lesquelles il a été tenté et éprouvé, qu'il tire la vertu et la force de secourir ceux qui sont aussi tentés : In eo enim in quo passus est îpse et tentatiis, potens est et eis qui tentantnr auœiliari^. »
Mais il n'en est pas moins important de bien démêler les artifices du démon, et de savoir ce qu'il leur faut